La junte au pouvoir en Guinée convie tout le monde à une réunion samedi

Nadia Daam (avec agence)

— 

La junte qui a pris le pouvoir en Guinée par un coup d'Etat militaire, peu après le décès du chef de l'Etat Lansana Conté, a conforté son autorité jeudi en obtenant que le Premier ministre et son gouvernement se rendent dans un camp, comme elle leur avait ordonné.
La junte qui a pris le pouvoir en Guinée par un coup d'Etat militaire, peu après le décès du chef de l'Etat Lansana Conté, a conforté son autorité jeudi en obtenant que le Premier ministre et son gouvernement se rendent dans un camp, comme elle leur avait ordonné. — Seyllou AFP
Se donner une légitimité. Jeudi, la junte au pouvoir en Guinée depuis le coup d'Etat du 23 décembre a convié divers interlocuteurs à la rencontrer samedi à Conakry.

La première «réunion d'information» aura lieu avec les «représentants de la société civile, des partis politiques, des confessions religieuses et des centrales syndicales», selon un communiqué lu à la radio nationale.

Elle sera suivie d'une seconde rencontre «afin de rassurer la communauté internationale», avec les «représentants de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), de l'Union africaine, de l'Union européenne, les ambassadeurs des pays du G8 et leur attaché de défense». Sont également conviés «des représentants de l'ONU, du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale».


Premier ministre et gouvernement font allégeance à la junte

Le Premier ministre guinéen, Ahmed Tidiane Souaré a déclaré jeudi que son gouvernement était à l'«entière disposition» du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, allant jusqu’à appeler ce dernier «Monsieur le président» lors d'une rencontre au quartier général des putschistes.

«Retenez que nous sommes des techniciens (...) et que nous sommes à votre entière disposition. Nous vous remercions encore une fois pour votre sagesse, Monsieur le président», a déclaré Souaré au chef de la junte, avant de quitter le camp militaire Alfa Yaya Diallo de Conakry avec la trentaine de membres de son gouvernement.

Ce dernier et ses ministres ont écouté religieusement les déclarations du capitaine Camara, se levant à son arrivée et s'asseyant lorsqu'il les invitait à le faire.
Les militaires putschistes leur avaient ordonné mercredi soir de gagner ce camp dans les 24 heures, avertissant que «passé ce délai» un «ratissage» serait organisé dans le pays.

Le chef putschiste s'autoproclame président

Le chef des putschistes, à l'origine du coup d'Etat, s'est présenté mercredi soir comme le «président de la République» de Guinée. Cet ex-chef de la section carburant à l'intendance des armées, a assuré que «l'ambition du pouvoir» ne l'avait «jamais animé».

Deux importantes coalitions de l'opposition au régime de Lansana Conté «ont pris acte» du coup d'Etat militaire et demandent à la junte d'organiser des «élections libres» d'ici un an.

«Des élections libres»

Jeudi après-midi, le président Nicolas Sarkozy a demandé, dans un communiqué, des «élections libres et transparentes» à «bref délai». La veille, la junte avait promis des élections... dans deux ans, à la fin du mandat du défunt Lansana Conté.

Pas assez rapide pour les Etats-Unis qui ont exigé un «retour immédiat à l'ordre civil» et «rejettent le communiqué des militaires promettant des élections en décembre 2010», selon un texte de leur ambassade à Conakry.