Biélorussie : Tikhanovskaïa appelle l'Union européenne à rejeter les résultats de la présidentielle

POLITIQUE La situation en Biélorussie doit faire l'objet ce mercredi d'un sommet extraordinaire de l'UE

20 Minutes avec AFP

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Manifestation à Minsk le 18 août 2020
Manifestation à Minsk le 18 août 2020 — Sergei GAPON / AFP

La cheffe de file de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a appelé mercredi les Européens à rejeter les résultats de l’élection présidentielle « frauduleuse » du 9 août, qui a permis à Alexandre Loukachenko de décrocher un sixième mandat.

« Je vous demande de ne pas reconnaître ces élections frauduleuses. M. Loukachenko a perdu toute légitimité aux yeux de notre nation et du monde », a déclaré Svetlana Tikhanovskaïa en anglais dans une vidéo adressée au Conseil de l’Europe et diffusée sur YouTube.

« Les élections du 9 août n’ont été ni équitables ni transparentes. Les résultats ont été falsifiés. Les gens, qui sont allés défendre leur vote dans les rues de leurs villes partout au Bélarus, ont été brutalement battus, emprisonnés et torturés par le régime qui s’accroche désespérément au pouvoir », a poursuivi l’opposante.

Réfugiée depuis le 11 août en Lituanie

La Biélorussie doit faire l’objet ce mercredi d’un sommet extraordinaire de l’UE, avec à la clé une extension à d’autres responsables biélorusses des sanctions déjà prises la semaine dernière après la répression des manifestations.

Réfugiée depuis le 11 août en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa, dont le mari avait lui-même été arrêté après avoir fait acte de candidature à la présidentielle, a également évoqué dans sa vidéo la formation par l’opposition d’un « Conseil de transition » destiné à « faciliter la transition pacifique du pouvoir par le dialogue ».

« Il appellera immédiatement à de nouvelles élections présidentielles équitables et démocratiques sous supervision internationale », a-t-elle fait valoir.

Le président Loukachenko menace de « refroidir certaines têtes brûlées »

Le président Alexandre Loukachenko a accusé mardi l’opposition, via ce « Conseil de coordination », de chercher à « s’emparer du pouvoir ». Il a menacé de « refroidir certaines têtes brûlées ».

Depuis l’élection contestée du 9 août, la pression ne cesse de monter sur Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Il fait face à des manifestations quotidiennes et à un mouvement de grève touchant plusieurs industries vitales pour l’économie de son pays.