Meurtre de Rafic Hariri : Un membre présumé du Hezbollah reconnu coupable, trois autres acquittés

JUSTICE Quatre suspects comparaissaient devant le tribunal spécial pour le Liban, quinze ans après l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri

20 Minutes avec AFP

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Le Tribunal spécial pour le Liban, basé aux pays-Bas
Le Tribunal spécial pour le Liban, basé aux pays-Bas — Piroschka VAN DE WOUW / ANP / AFP

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a reconnu coupable mardi Salim Ayyash, 56 ans, membre présumé du Hezbollah, dans l’assassinat en 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, au bout de six ans de procès.

« La chambre de première instance déclare M. Ayyash coupable au-delà de tout doute raisonnable en tant que coauteur de l’homicide intentionnel de Rafic Hariri », a déclaré le juge président David Re. Les magistrats prononceront ultérieurement la peine à l’encontre de Salim Ayyash, qui risque la prison à perpétuité s’il devait un jour être rendu au tribunal.

Jugés par contumace

Le TSL a en revanche acquitté les trois autres suspects dans cette affaire, jugés comme Ayyash par contumace. Après avoir entendu près de 300 témoins et examinés plus de 3.000 pièces à convictions, les juges du tribunal ont estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour les condamner.

Les juges ont par ailleurs déclaré qu’il n’y avait aucune preuve permettant d’établir un lien direct entre l’attentat et la Syrie ou le mouvement Hezbollah. Allié du régime syrien et de l’Iran, l’organisation a rejeté toute responsabilité et déclaré ne pas reconnaître le TSL, mis en place suite à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Véhicule piégé

Au bout de six ans de procès, « nous espérons sincèrement que le verdict d’aujourd’hui vous permettra de faire le deuil », a indiqué David Re, s’adressant aux victimes et à leurs familles. Saad Hariri, le fils de l’ancien Premier ministre a réagi à cette décision : « Le tribunal a statué, et au nom de la famille de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, et au nom des familles des martyrs et victimes, nous acceptons la décision du tribunal », a-t-il déclaré.

Rafic Hariri, Premier ministre jusqu’à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005, lorsqu’un kamikaze a fait sauter une camionnette remplie d’explosifs au passage de son convoi blindé sur le front de mer de Beyrouth, faisant 21 autres morts et 226 blessés.

Sa mort, dans laquelle quatre généraux libanais prosyriens ont été dans un premier temps accusés d’être impliqués, avait déclenché à l’époque une vague de manifestations, entraînant le retrait des troupes syriennes après près de 30 ans de présence au Liban.

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