Coronavirus en Italie : Les proviseurs refusent la responsabilité pénale en cas de contagion

PROTECTION « S’ils mettent en œuvre le protocole sanitaire, on ne doit pas les accuser de quoi que ce soit », prévient le président de l’Association nationale des proviseurs

20 Minutes avec AFP

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Une école en Italie
Une école en Italie — Nicolò Campo/Sipa USA/SIPA

Ils sortent le parapluie. En Italie, les proviseurs, déjà inquiets des conditions de la rentrée scolaire prévue le 14 septembre, exigent que leur responsabilité pénale ne soit pas engagée en cas de contagion par le coronavirus dans leur établissement, ont rapporté mardi les médias italiens. « Il est urgent que le gouvernement insère dans un de ses prochains décrets un article révisant la possibilité de poursuivre les directeurs lors d’un éventuel cas de Covid dans un établissement », explique le président de l’Association nationale des proviseurs, Antonello Giannelli, cité par le quotidien Il Corriere della Sera.

« Si les proviseurs mettent en œuvre le protocole sanitaire, on ne doit pas les accuser de quoi que ce soit », justifie-t-il.

Distanciation d’au moins un mètre entre les élèves

Selon les directives actuelles, chaque établissement doit disposer d’une salle permettant d’isoler immédiatement les cas suspects, mais le proviseur n’a pas la faculté de décider de la fermeture éventuelle de son établissement. « La décision revient » aux autorités sanitaires locales, précise Antonello Giannelli.

En vue de la rentrée des classes, tous les établissements doivent assurer une distanciation d’au moins un mètre entre les élèves, mais « si on ne nous livre pas les pupitres individuels, il est évident que la distanciation ne peut être assurée ». Or, la livraison de ces pupitres doit s’étendre jusqu’à octobre, ce qui contraindrait d’ici là les élèves à porter le masque toute la journée.

« Prédisposer les classes de manière à ce que les élèves soient assis à un mètre de distance, ça va, mais réussir à garantir qu’ils portent le masque toute la journée… Déjà que c’est difficile pour nous, imaginez un peu pour les plus petits ! » s’insurge Antonello Giannelli.

Fermeture des discothèques et le port obligatoire du masque dans les lieux publics

Alors que la menace d’une reprise de l’épidémie se précise dans plusieurs pays d’Europe, l’Italie, encore relativement épargnée, tente d’endiguer cette résurgence et a annoncé dimanche la fermeture des discothèques et le port obligatoire du masque dans les lieux publics fréquentés de 18 h à 6 h du matin.

Premier pays d’Europe à avoir été frappé par l’épidémie, la péninsule a enregistré à ce jour 254.000 cas de Covid-19 et plus de 35.000 morts. Après un sévère confinement de deux mois en mars-avril, puis un lent déconfinement, le pays n’avait pas rouvert ses écoles.