Convention démocrate : Michelle Obama reproche à Donald Trump son « manque absolu d’empathie »

CAMPAGNE L'ancienne First lady était la star de la première journée de la convention virtuelle des démocrates

Philippe Berry

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Convention démocrate : Michelle Obama fustige Donald Trump — 20 Minutes

De notre correspondant aux Etats-Unis,

Il y a quatre ans, elle avait lancé son fameux « When they go low, we go high » (« Quand ils s’abaissent, nous nous élevons ») devant plus de 20.000 personnes en délire. Mais le coronavirus est passé par là, et c’est depuis son salon que Michelle Obama a pris la parole lors de la première journée de la convention « virtuelle » démocrate, lundi. Dans un discours enregistré, elle a vanté les qualités de Joe Biden, mais elle a surtout fait le procès de Donald Trump, qui, selon elle, « a montré qu’il n’était pas à la hauteur de la tâche » et fait preuve « d’un manque absolu d’empathie ».

Un discours enregistré il y a huit jours

De nombreux internautes se sont étonnés de l’absence de mention de Kamala Harris dans l’intervention de Michelle Obama. C’est parce que son discours a été enregistré il y a huit jours, avant que Joe Biden ne nomme sa colistière. Alors que Bernie Sanders s’est exprimé en direct depuis le Vermont, le parti démocrate a préféré enregistrer de nombreux segments, notamment celui avec Michelle Obama, une décision raillée par Donald Trump un peu plus tôt, ce lundi.

Donald Trump, « le chaos et la division »

Dans un cadre intimiste qui dessert souvent les personnalités politiques habituées aux arènes surchauffées, Michelle Obama a fait dans la simplicité. « On vit des moments difficiles, et je sais que beaucoup de personnes n’ont pas envie de regarder une convention politique en ce moment », a commencé l’ancienne First lady. Qui a consacré près de la moitié de ses dix-huit minutes à faire le procès de Donald Trump.

Le président américain incarne « le chaos et la division », avec « un manque absolu  d’empathie », a attaqué Michelle Obama, dénonçant les actions d’un « leader qui enhardit les suprémacistes blancs avec leurs torches », une référence au rassemblement raciste de Charlottesville en 2017. Elle est également revenue sur sa politique contre les migrants, « avec des enfants séparés de leurs familles et jetés en cage », et sa gestion des manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de George Floyd, « avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc utilisés contre des manifestants pacifiques pour une opération de communication » devant une église de Washington, où Donald Trump s’était fait photographier Bible à la main.

« Donald Trump a montré qu’il n’était pas à la hauteur de la tâche. Il n’est pas capable d’être celui dont nous avons besoin », a martelé Michelle Obama, terminant par une punchline sans doute pas accidentelle : « It is what it is » (« C’est comme ça »), une formule que Donald Trump avait récemment utilisée lors d'une interview sur les 1.000 morts quotidiens du coronavirus.

Joe Biden, « un homme bon »

Selon Michelle Obama, Joe Biden, qu’elle a côtoyé pendant huit ans, est « un homme profondément bon ». « C’est quelqu’un qui écoute les autres, qui fait confiance à la science. » Mais celle qui dit « détester la politique » a lancé un avertissement aux démocrates : « Nous devons voter comme si notre vie en dépendait. Ce n’est pas le moment de s’abstenir ou de voter pour un candidat qui n’a aucune chance d’être élu », une possible allusion à Kanye West. Entre un écart qui se réduit entre Joe Biden et Donald Trump (sept points, selon la moyenne de RealClearPolitics, mais seulement quatre points selon le dernier sondage de CNN) et les incertitudes sur le vote par correspondance, la course est loin d’être jouée.