Syrie : Pic alarmant de mortalité des enfants dans le camp d’Al-Hol

HUMANITAIRE Le camp tentaculaire d’Al-Hol abrite des dizaines de milliers de déplacés, dont des familles de djihadistes du groupe Etat islamique

20 Minutes avec AFP

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Le camp d'Al-Hol est géré par l'administration semi-autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie
Le camp d'Al-Hol est géré par l'administration semi-autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie — Baderkhan Ahmad/AP/SIPA

Huit enfants de moins de cinq ans sont morts en cinq jours dans le camp de déplacés d’Al-Hol, qui accueille notamment des familles de djihadistes dans le nord-est syrien, a annoncé jeudi l’ONG Save the Children, dénonçant un « échec » humanitaire collectif. Le taux de mortalité des enfants à Al-Hol a été « plus de trois fois plus élevé » entre le 6 et le 10 août que le taux moyen enregistré depuis le début de l’année, selon un communiqué de l' ONG britannique.

Le camp tentaculaire d’Al-Hol abrite des dizaines de milliers de déplacés, dont des familles de djihadistes du groupe Etat islamique (EI), et est géré par l’administration semi-autonome kurde qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie. « Nous assistons à un échec collectif à tous les niveaux pour protéger les enfants », a déploré Sonia Khush, directrice de Save the Children en Syrie, citée dans le communiqué.

« Mort tragique et évitable »

Elle dénonce « la mort tragique et évitable de huit enfants qui auraient pu recevoir le traitement dont ils avaient besoin pour survivre ». Les enfants décédés souffraient « de problèmes cardiaques, d’hémorragies internes ou de malnutrition sévère ».

« Le Conseil de sécurité de l'ONU ayant échoué à rouvrir le point de passage frontalier le plus proche », des « retards impardonnables » ont été observés dans l’arrivée de l’aide humanitaire, poursuit Sonia Khush. Les capacités sanitaires du camp ont été réduites de 40 %, selon Save the Children, avec un seul des trois hôpitaux de campagne toujours partiellement opérationnel.

Crainte d’une épidémie

En vigueur depuis 2014, une autorisation transfrontalière de l’ONU permet d’acheminer de l’aide à la population syrienne sans l’aval de Damas. Mais le mécanisme a été sérieusement réduit en janvier par la Russie qui juge qu’il viole la souveraineté de son allié syrien, avec la suppression du point de passage qui permettait aux aides humanitaires d’arriver directement dans les territoires kurdes depuis la frontière avec l’Irak.

A ces difficultés s’ajoutent également « les craintes d’une épidémie de Covid-19 » dans le camp, selon Save the Children. Le 6 août, les premiers cas de nouveau coronavirus ont été recensés à Al-Hol, avec la contamination de trois soignants. L’administration kurde a annoncé avoir recensé 171 cas, dont huit décès, dans les zones qu’elle contrôle.