Hongkong : Le patron de presse Jimmy Lai, libéré sous caution, appelle ses journalistes à « se battre »

REPRESSION À 71 ans, le patron du groupe Next Digital, avait été interpellé en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale

20 Minutes avec AFP

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Le magnat des médias, Jimmy Lai, à sa libération, le 11 août 2020.
Le magnat des médias, Jimmy Lai, à sa libération, le 11 août 2020. — Kin Cheung/AP/SIPA

« Battons-nous, battons-nous ! ». Libéré sous caution après son interpellation en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong, le magnat des médias Jimmy Lai a lancé mercredi un appel à la résistance à ses journalistes. Depuis la salle de rédaction de son quotidien, le patron de presse âgé de 71 ans a ajouté : « Nous avons le soutien des habitants de Hong Kong, nous ne pouvons pas les laisser tomber ».

Le richissime dirigeant du groupe Next Digital fait partie des dix personnes arrêtées par la police lundi dans le cadre d’un vaste coup de filet contre la mouvance prodémocratie. Ces interpellations ont suscité l’indignation de la communauté internationale qui y voit la fin des libertés Hong Kong, une ville qui est depuis des décennies le siège régional de nombreux médias internationaux.

« Nous devons poursuivre notre travail »

Jimmy Lai a été interpellé pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères, une des infractions visées par la nouvelle législation sécuritaire entrée en vigueur fin juin, et de fraudes. Son groupe de presse résolument prodémocratie possède deux titres critiques du régime chinois, le quotidien Apple Daily et le magazine Next.

Mercredi, c’est sous l’acclamation du personnel qu’il a fait le tour de la salle de rédaction de l’Apple Daily quelques heures après sa libération sous caution à l’issue de 40 heures de garde à vue.

Sur une vidéo diffusée en direct sur Facebook par ses journalistes, il a demandé à sa rédaction de conserver dans leurs articles le ton qui suscité la colère de la Chine et du camp pro-Pékin à Hong Kong. Il a reconnu qu’il devenait « de plus en plus difficile » de gérer un groupe de presse à Hong Kong.

« Mais nous devons poursuivre notre travail », a-t-il ajouté. « Heureusement, je n’ai pas été renvoyé sur le continent », a-t-il dit en faisant preuve de l’humour noir qui le caractérise.

La nouvelle loi​ met en effet fin à l’indépendance judiciaire de Hong Kong jusqu’ici vigueur dans le territoire semi-autonome.