Guatemala : Emotion et indignation en France après le meurtre d’un humanitaire

REACTIONS Emmanuel Macron a rendu hommage à Benoît Maria, responsable au Guatemala d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, tué lundi dans une embuscade

20 Minutes avec AFP

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Un policier au Guatemala, le 18 juillet 2020 (illustration).
Un policier au Guatemala, le 18 juillet 2020 (illustration). — Moises Castillo/AP/SIPA

Pour Emmanuel Macron c’est un « lâche assassinat ». L’émotion est grande depuis la mort lundi au Guatemala d’un travailleur humanitaire français, tué dans une embuscade. L’acte contre Benoît Maria a suscité une vague d’indignation, aussi bien en France que dans le petit pays centraméricain.

Le président français a salué « l’engagement humanitaire, fraternel, solidaire qui fait honneur à la France » du ressortissant français qui vivait depuis 20 ans au Guatemala où il travaillait « en faveur des communautés indigènes mayas » qu’il « aidait à préserver leurs terres ». Benoît Maria était responsable au Guatemala d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), une ONG qui soutient l’agriculture paysanne dans une vingtaine de pays.

Le vice-président guatémaltèque veut une enquête

L’ASVF a pour sa part exprimé son « immense tristesse » de la perte d'« un professionnel de la solidarité, [d'] un militant de la cause paysanne et indigène et [d'] un ami ». « Benoît a été lâchement assassiné par des individus armés » s’est offusquée l’ONG qui assure qu’elle fera « tout ce qui est en [son] pouvoir pour que ce crime ignoble soit élucidé et que justice soit faite rapidement ». Le mobile de ce meurtre n’est pour l’instant toujours pas connu.

Au Guatemala, le vice-président Guillermo Castillo a demandé à la justice de faire la lumière sur ce meurtre. « Il est indispensable que les institutions compétentes fassent la lumière sur ce fait de violence, ainsi que d’autres commis contre des défenseurs des droits de l’homme », a-t-il insisté. Benoît Maria « a dédié une grande partie de sa vie à promouvoir le développement communautaire des populations vulnérables », a salué le vice-président guatémaltèque. La dirigeante indigène et Prix Nobel de la Paix 1992 Rigoberta Menchu a pour sa part salué en « Benoît Maria, [un] grand défenseur des droits des Mayas » et a assuré de sa « solidarité sa famille et les communautés Ixil et Q’eqchi » avec lesquelles il travaillait. La représentation au Guatemala de l’Union européenne a elle aussi salué le travail humanitaire de Benoît Maria.

L’Unité de protection pour les défenseurs des droits de l’homme au Guatemala a dénombré entre janvier et avril au moins 157 agressions contre des militants dans le pays, et 462 pour toute l’année 2019, dont 15 meurtres.