La Belgique attend toujours un gouvernement

CRISE Une coalition de transition pourrait être formée en attendant les élections de juin 2009...

MD avec agence

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La Belgique cherchait une solution samedi et s'orientait vers un gouvernement de transition jusqu'en juin 2009 après la chute du cabinet Leterme, qui s'ajoute à une crise toujours bien présente entre Flamands et francophones concernant l'avenir du pays.
La Belgique cherchait une solution samedi et s'orientait vers un gouvernement de transition jusqu'en juin 2009 après la chute du cabinet Leterme, qui s'ajoute à une crise toujours bien présente entre Flamands et francophones concernant l'avenir du pays. — Dominique Faget AFP/Archives

Albert II consulte, les Belges attendent. La Belgique s’est réveillée sans gouvernement lundi matin, après la chute de celui d’Yves Leterme. Un scénario est toutefois privilégié: celui d’un gouvernement de transition avec les partis de la coalition sortante, avant peut-être des élections anticipées en juin 2009. Depuis qu’Yves Leterme a présenté sa démission vendredi à la suite à d’accusations de pression sur la justice dans l’affaire Fortis, le roi des Belges Albert II consulte les responsables politiques du pays. Depuis l’été 2007, le royaume a connu une crise quasi ininterrompue en raison des disputes entre Flamands néerlandophones et francophones sur l’avenir du pays, privé de gouvernement stable pendant une période record de neuf mois.
 

Dimanche soir, le roi a reçu pour la deuxième fois du week-end Marianne Thyssen, la présidente du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V), le parti d’Yves Leterme. Albert II avait auparavant reçu depuis vendredi les principaux responsables politiques de la majorité, qui réunit libéraux et chrétiens-démocrates côté flamand et libéraux, socialistes et centristes, côté francophone.
 
Yves Leterme n’est pas candidat à sa succession

Une décision devrait être prise rapidement, la plupart des responsables politiques ayant appelé à éviter une vacance politique dans le contexte de crise économique que connaît la Belgique comme le reste de l’Europe. Le chef du parti libéral francophone belge Didier Reynders — qui a écarté la possibilité de prendre lui-même la tête du gouvernement en raison de l’hostilité des socialistes — a dit «espérer» une décision dès dimanche soir. Le nom du nouveau Premier ministre était en tout cas attendu avant la diffusion du discours de fin d’année du souverain prévu pour mercredi à la mi-journée.
 
Afin de mettre fin aux rumeurs d’une éventuelle reconduction d’Yves Leterme, son porte-parole a affirmé dimanche soir que le Premier ministre démissionnaire n’était «pas candidat à sa succession ou pour jouer un rôle dans un prochain gouvernement». Un maintien qui semblait de toute façon peu probable, tant la crédibilité d’Yves Leterme est entamée. Mais personne ne s’attend pour autant à un remaniement en profondeur du gouvernement qui demanderait de trop longues tractations.
 
Deux chrétiens-démocrates flamands seraient présentis pour succéder au Premier ministre. Herman Van Rompuy, le président de la Chambre des députés, et Jean-Luc Dehaene, ex-Premier ministre, deux vétérans de la politique belge. Le nom de l’ex-Premier ministre libéral flamand Guy Verhofstadt était aussi fréquemment mentionné. «La grande question est […] de savoir si ce gouvernement sera un gouvernement de transition jusqu’en juin, ou au contraire un gouvernement de législature jusqu’en 2011, dans un agenda économique et social déjà balisé», explique l’analyste Pierre Vercauteren.