Grande-Bretagne : Pour la justice, l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police est illégale

VIE PRIVÉE Les juges ont estimé que l’utilisation de la reconnaissance faciale n’était pas suffisamment encadrée

20 Minutes avec AFP

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La justice britannique a estimé que la reconnaissance faciale allait à l'encontre du respect à la vie privée.
La justice britannique a estimé que la reconnaissance faciale allait à l'encontre du respect à la vie privée. — Steven Senne/AP/SIPA

La justice britannique a tranché. Au terme d’une procédure très suivie par les opposants à la reconnaissance faciale, l’utilisation de cette technologie par la police anglaise a finalement été jugée illégale. La justice a estimé ce mardi qu’elle était en contradiction avec le respect de la vie privée.

La Cour d’Appel de Londres devait se prononcer sur la plainte du militant pour les droits civiques Ed Bridges, qui reproche à la police galloise d’utiliser depuis 2017 une technologie de reconnaissance faciale selon lui discriminatoire et contraire aux lois sur la protection de la vie privée.

Un encadrement insuffisant

L’homme de 37 ans s’était vu scanner le visage à Cardiff à deux reprises – lorsqu’il faisait ses courses de Noël en 2017 puis lors d’une manifestation en 2018 - par la technologie de reconnaissance faciale automatique AFR Locate.

Grâce à des caméras de surveillance signalées, ce système scanne les visages dans la foule et les compare avec les photos d’une « liste de surveillance », qui peut inclure suspects, personnes disparues ou présentant un intérêt.

Après avoir été débouté plusieurs fois, le plaignant a obtenu gain de cause ce mardi, les juges estimant que l’utilisation de la reconnaissance faciale n’était pas suffisamment encadrée, sans remettre en cause en soi le recours à la technologie.

Un risque de biais

« Trop (de choses) sont laissées à l’appréciation de chaque officier de police », ont considéré les juges, soulignant qu’il n’existait pas d’indications claires sur les endroits où cette technologie pouvait être utilisée par la police et sur qui pouvait être mis sur la « liste de surveillance ».

Ils ont reproché à la police galloise de ne pas avoir fait tout son possible pour vérifier que le logiciel ne présentait pas de biais racistes ou sexistes, et de ne pas avoir correctement évalué l’impact de cette technologie sur la protection des données.

Ed Bridges s’est déclaré « ravi » du verdict réservé à cet « outil intrusif et discriminatoire » de « surveillance des masses ». L’ONG « Liberty », qui a épaulé le plaignant, a salué une « victoire majeure », appelant à ce que « le gouvernement reconnaisse les graves dangers » de cet « outil dystopique ». La police galloise a elle fait savoir qu’elle ne ferait pas appel.

Le Royaume-Uni constitue un terrain propice au déploiement de la reconnaissance faciale, en raison de son nombre impressionnant de caméras de surveillance – 420.000 rien qu’à Londres. Plusieurs tests controversés ont déjà été réalisés dans la capitale britannique, mais aussi à Manchester, Liverpool ou encore Sheffield.