Humanitaires tués : L’ONG Acted suspend ses activités au Niger, l’état d’urgence renforcé à Kouré

SECURITE L’ONG compte tout de même rester dans le pays

20 Minutes avec AFP

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Mahamadou Issoufou, président du Niger, le 23 juillet 2020.
Mahamadou Issoufou, président du Niger, le 23 juillet 2020. — MICHELE CATTANI / AFP

Acted décide de faire un break après la mort de huit personnes – dont 6 Français – tuées dans une attaque. « Nous avons décidé de suspendre nos activités, nous avons besoin d’entendre nos humanitaires au Niger et dans les pays du Sahel, on a besoin qu’ils se parlent et qu’ils nous parlent et nous allons envoyer une délégation du siège », a indiqué Frédéric de Saint-Sernin, le président de l’ONG, sur RFI. « Mais il n’est pas question de quitter le pays, il n’est pas question de quitter la région, nous sommes là pour aider les bénéficiaires », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les autorités nigériennes ont décidé lundi de « l’élargissement de l’Etat d’urgence » dans la localité de Kouré, où l’attaque meurtrière a eu lieu. La décision a été prise à l’issue d’un Conseil national de sécurité (CNS) « extraordinaire », présidé par le président nigérien Mahamadou Issoufou. Les autorités ont ainsi décidé de « l’élargissement de l’Etat d’urgence » à deux préfectures qui n’étaient pas jusqu’ici concernées par cette mesure imposée il y a trois ans à la région de Tillabéri, une vaste zone riveraine des « trois frontières » entre Niger, Burkina Faso et Mali, devenue un repaire des djihadistes sahéliens, dont l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

L’accès au site suspendu

Parmi ces préfectures figure celle de Kollo qui administre la localité de Kouré, une zone très boisée où vivent les dernières girafes d’Afrique de l’Ouest, à 70 km de Niamey. L’Etat d’urgence est déjà en vigueur dans la région de Diffa (sud-est) proche du Nigeria théâtre d’attaques récurrentes de Boko Haram et l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), issu d’une scission de Boko Haram.

L’état d’urgence accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité, dont celui « d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit », selon les autorités nigériennes. Le conseil a également annoncé la « suspension » à l’accès au site des girafes pour que « les investigations qui se déroulent actuellement se poursuivent en toute sérénité », a expliqué le ministre nigérien de l’Intérieur, Alkache Alhada à la télévision.

Les sept Français et leur guide ont été abattus par des hommes armés à motos lors d’une excursion touristique dans la localité de Kouré. L’attaque, dénoncée comme « terroriste » par Niamey et Paris, est la première ayant visé des Français dans ce secteur.