Humanitaires tués au Niger : Pour Sébastien Chenu (RN), il était « inopportun » de s’y « balader »

DRAME La zone dans laquelle les six Français et leurs accompagnateurs ont été tués est pourtant devenue une attraction touristique régionale depuis une vingtaine d’années

20 Minutes avec AFP

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Sébastien Chenu, le 19 mai 2020 à l'Assemblée nationale.
Sébastien Chenu, le 19 mai 2020 à l'Assemblée nationale. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA

Au lendemain de l’attaque qui a fait huit morts, dont six Français, au Niger, le porte-parole du Rassemblement national s’est exprimé. Sébastien Chenu a jugé ce lundi « inopportun » d'« aller se balader au Niger en ce moment », y compris pour des humanitaires. Une version contredite par des ONG sur place.

Après avoir exprimé sur Europe 1 sa « compassion », il a toutefois estimé qu'« il semblerait bien inopportun d’aller se balader au Niger en ce moment ». « Tant que la situation n’est pas rétablie et plus solide en matière de sécurité, c’est très difficile d’y envoyer certains des nôtres, y compris en mission humanitaire », a-t-il estimé. Faut-il faire rentrer ceux qui se trouveraient dans la région ? « Quand ils sont dans des zones où leur vie est en danger, ça paraît évident, pour ne pas se retrouver dans une situation de ce type », a-t-il répondu.

Attraction touristique

Dimanche, huit personnes, deux Nigériens et six Français comprenant des salariés de l’ONG Acted, ont été tuées par des hommes armés arrivés à moto dans la zone de Kouré (sud-ouest du pays) lors d’une excursion touristique. Paris a confirmé que des Français avaient péri, sans en donner le nombre.

Il s’agit de la première attaque ayant visé des Occidentaux dans cette zone depuis qu’elle est devenue une attraction touristique il y a une vingtaine d’années, grâce à un troupeau de girafes peralta, une espèce qui a disparu du reste de la planète, qui y avait trouvé un havre de paix.

« Tout le monde y va »

« Kouré est à 60 km de Niamey, une heure de route. On va tous à Kouré en sortie le week-end parce que c’est très facile d’accès (…). Tout le monde y va, même les ambassadeurs, les diplomates, les professeurs, tout le monde ! Ce n’est pas du tout considéré comme dangereux comme zone. Il y a des ONG de protection des girafes qui travaillent là-bas », a expliqué à l’AFP un humanitaire occidental à Niamey. La zone est classée orange (déconseillée sauf raison impérative) et non rouge (formellement déconseillée) par la diplomatie française. C’est dans une autre région, celle de Tillabéri, au nord-ouest de Niamey, dans la zone dite des « trois frontières » entre Niger, Burkina Faso et Mali, que les violences djihadistes sont les plus fréquentes.

Plusieurs responsables politiques, dont Eric Ciotti (LR), Valérie Pécresse (Libres !) ou Adrien Quatennens (LFI), ont fait part sur Twitter de leur émotion et de leur « solidarité » avec les familles des victimes après cette attaque.