Inde : La barre des deux millions de cas de coronavirus déclarés a été dépassée

EPIDEMIE Les experts estiment que le nombre réel de contaminations pourrait être beaucoup plus élevé

20 Minutes avec AFP

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Une femme en Inde en train de se faire dépister du Covid-19
Une femme en Inde en train de se faire dépister du Covid-19 — Sakib Ali/Hindustan Times//SIPA

Seulement trois semaines après avoir enregistré un million de cas officiels, l’Inde a passé vendredi la barre des deux millions de cas déclarés de coronavirus, selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé indien. Et devient ainsi le troisième pays au monde à atteindre ce niveau après les États-Unis et le Brésil.

Le géant d’Asie du Sud, qui compte 1,3 milliard d’habitants, a enregistré à ce jour 41.585 morts de la maladie Covid-19 pour un total de 2.027.074 malades confirmés depuis le début de l’épidémie.

Dépistage faible et recensements imparfaits

Les autorités indiennes ne testant que les patients symptomatiques, les experts estiment ces chiffres sous-estimés. Les chiffres réels de l’épidémie pourraient être nettement plus élevés en raison d’un dépistage faible au vu de l’énormité de la population indienne et d’un recensement imparfait des décès.

En juillet, une étude de détection d’anticorps a estimé qu’environ un quart de la population de la capitale New Delhi a déjà eu le virus, soit 40 fois plus que les chiffres officiels. Une autre étude a elle évalué que la moitié des habitants des bidonvilles de Bombay ont contracté le nouveau coronavirus, là encore une proportion bien supérieure au bilan des autorités.

Ostracisme

L’Inde a testé environ 16.500 personnes par million d’habitants, contre 190.000 aux États-Unis, selon le site de statistiques Worldometer.

La discrimination associée au virus peut aussi dissuader des Indiens de se faire tester. Les autorités collent en effet des affiches devant le domicile des personnes testées positives, pour avertir de la présence d’un malade du virus dans les lieux. « Il y a autant une peur de la maladie que de l’ostracisme et de la quarantaine », dit l’experte de santé Preeti Kumar.

Des reconfinements locaux

L’Inde a instauré un confinement national brutal fin mars, qu’elle a levé début juin pour tenter de ranimer une économie exsangue. De nombreuses restrictions et mesures de quarantaine entre les différents États indiens restent toutefois en place.

Les autorités locales ont imposé ces dernières semaines des reconfinements locaux dans des États comme le Bihar (nord) ou le Tamil Nadu (sud), ou encore à l’agglomération de la grande ville de Bengalore (sud), siège de la high-tech indienne.

Vers des régions moins denses

Si l’épidémie de nouveau coronavirus en Inde avait auparavant pour principaux épicentres les mégapoles de New Delhi et Bombay, la maladie Covid-19 commence désormais à flamber dans des régions moins denses et plus étendues.

D’après l’experte de santé Preeti Kumar, la raison probable de la recrudescence de cas à l’extérieur des grandes villes réside dans le retour au bercail des travailleurs migrants. Des millions d’entre eux se sont retrouvés sans emploi lors de l’instauration d’un brutal confinement national en Inde fin mars.