Immigration : Des dizaines de migrants livrés à eux-mêmes après la fermeture du camp de Vintimille

FRONTIERE L’Etat italien a décidé de fermer le camp de Vintimille, géré par la Croix-Rouge. Les migrants sont livrés à eux-mêmes, à quelques kilomètres de la frontière française

J.S.-M. avec AFP

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A Vintimille, les migrants sont désormais livrés à eux-mêmes.
A Vintimille, les migrants sont désormais livrés à eux-mêmes. — V. Hache / AFP

Le camp de transit géré par la Croix-Rouge italienne à Vintimille, à quelques encablures de la frontière française, va être démonté d’ici à la fin août. La préfecture n’a pas validé la réouverture de ce centre. Il avait été fermé aux nouveaux arrivants au plus fort de la pandémie du Covid-19.

Entre début janvier et fin juillet, les tentatives de traversée depuis la Libye vers l’Italie ont augmenté de 91 % par rapport à 2019, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Des dizaines de migrants dorment donc sous les ponts, sur la plage ou sur les berges de la Roya.

La droite a repris la mairie de Vintimille l’an dernier. Le leader d’extrême-droite Matteo Salvini a choisi cette commune pour lancer mardi sa campagne pour les élections régionales : « Gentils oui, couillons non ! Les Italiens d’abord, le reste du monde après ! »

Le Conseil d’Etat épingle la police

« Le camp de la Croix-Rouge était fondamental », déplore Maurizio Marmo, responsable de Caritas. Les migrants avaient « accès à un médecin et à un point information sur le droit d’asile ».

Selon les associations humanitaires, ce droit est souvent bafoué côté français. Le Conseil d’Etat vient de pointer le cas d’une Centrafricaine arrêtée avec son fils de cinq ans récemment opéré. Elle avait été renvoyée en Italie.

« Les services de la police aux frontières étaient tenus d’enregistrer cette demande (…) sans pouvoir refuser l’entrée », a contesté le Conseil d’Etat le 8 juillet. Cet arrêt constitue une première depuis que la France a rétabli les contrôles à la frontière entre Vintimille et Menton en 2015.