Japon : Commémorations à Hiroshima, 75 ans après la première bombe atomique de l’histoire

MEMOIRE Cette cérémonie s’est déroulée en présence de survivants de la bombe, mais a été marquée par l’absence de public, en raison de la pandémie de coronavirus

20 Minutes avec AFP
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Japon : Commémorations à Hiroshima, 75 ans après la première bombe atomique de l’histoire — 20 Minutes

Il y a 75 ans tout juste survenait l’un des plus grands drames de l’histoire du Japon. Dans un contexte particulier de pandémie, le pays commémore ce jeudi l’attaque nucléaire du 6 août 1945 sur la ville d’Hiroshima, explosion qui avait fait plus de 140.000 victimes.

Des survivants de la bombe atomique, des descendants de victimes, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et quelques représentants officiels étrangers ont participé à la principale cérémonie du souvenir en début de matinée à Hiroshima (ouest du Japon), la plupart portant des masques.

Prière silencieuse pour passé douloureux

Le grand public en revanche n’avait pas été convié à l’événement en raison du Covid-19, et a dû se contenter de suivre la cérémonie en ligne. D’autres événements ont été complètement annulés, dont la cérémonie des lanternes flottantes de Hiroshima, déposées à la tombée de la nuit chaque 6 août en mémoire des victimes.

Une prière silencieuse s’est tenue à 8h15 pile heure locale, marquant l’instant précis où la bombe atomique a explosé dans le ciel de Hiroshima, il y a 75 ans. « Nous ne devons jamais permettre que ce passé douloureux se répète », a déclaré dans un discours le maire de la ville, Kazumi Matsui, appelant la société civile à rejeter le « repli sur soi » des nationalismes.

« Je m’engage à faire de mon mieux pour l’avènement d’un monde sans armes nucléaires et d’une paix durable » a promis de son côté Shinzo Abe, souvent critiqué pour son intention de réviser la constitution pacifiste japonaise.

Une deuxième bombe trois jours plus tard

La bombe « Little Boy » a fait environ 140.000 morts à Hiroshima. De nombreuses victimes ont été tuées sur le coup, et beaucoup d’autres sont aussi décédées des suites de leurs blessures ou des radiations dans les semaines et les mois suivants. Trois jours plus tard, une deuxième bombe A américaine était larguée sur Nagasaki (sud-ouest), causant 74.000 morts supplémentaires.

Ces deux bombes d’une puissance destructrice inédite à l’époque ont achevé de mettre le Japon à genoux : le 15 août 1945, l’empereur Hirohito annonçait à ses sujets la capitulation face aux Alliés, signant ainsi la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les Etats-Unis ne se sont jamais officiellement excusés. Mais en 2016, Barack Obama est devenu le premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima, où il avait rendu hommage aux victimes et appelé à un monde sans armes nucléaires.

Qui pour prendre la suite des « hibakusha » ?

Quelque 136.700 survivants de Hiroshima et Nagasaki, appelés hibakusha au Japon, vivent encore aujourd’hui. Mais avec un peu plus de 83 ans d’âge moyen, leurs forces diminuent et ils cherchent à passer le relais du témoignage aux nouvelles générations.

Avec l’aide d’autres militants contre l’arme atomique, des hibakusha ont créé des archives de leur mémoire, que ce soit sous forme de témoignages enregistrés, de poèmes ou de dessins. En dépit de ces initiatives, beaucoup redoutent une perte d’intérêt pour leur héritage quand ils ne seront plus là, et ce bien que la menace nucléaire reste toujours d’actualité.