Explosions à Beyrouth : Emmanuel Macron en déplacement au Liban, premier chef d’Etat à se rendre sur place

DEFLAGRATION Les deux explosions consécutives, survenues mardi, ont fait au moins 113 morts et 4.000 blessés dans la capitale libanaise

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, le 22 juillet 2020 à Chambord.
Emmanuel Macron, le 22 juillet 2020 à Chambord. — Ludovic Marin / POOL / AFP

Emmanuel Macron est attendu ce jeudi au Liban, où deux gigantesques explosions ont plongé la capitale dans le chaos mardi. Il sera le premier chef d’Etat étranger à se rendre à Beyrouth depuis la catastrophe. Un déplacement qui s’annonce délicat dans un pays plongé dans la crise.

Emmanuel Macron sera confronté à une situation « apocalyptique » : des centaines de milliers de personnes brutalement privées de toit et de ressources et un bilan encore provisoire d’au moins 113 morts et 4.000 blessés. Attendu à Beyrouth à midi, le président français visitera le lieu de la catastrophe, s’entretiendra avec les principaux responsables libanais et donnera une conférence de presse vers 18h30 locales avant de rentrer en France.

Du matériel sanitaire d’urgence

« Le fait qu’Emmanuel Macron ait aussi rapidement pris le taureau par les cornes et décidé de venir à Beyrouth a été très favorablement accueilli. Cela s’inscrit dans une longue tradition de liens très solides entre la France et le Liban », rappelle à l’AFP Karim Emile Bitar, directeur de l’Institut de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Le président français, qui souhaite « porter le message de fraternité et de solidarité des Français » au « peuple libanais », rencontrera son homologue Michel Aoun et le Premier ministre Hassan Diab. « C’est dans les épreuves que les amis sont là et nous sommes là », a souligné le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Dès mercredi, du matériel d’urgence et du personnel médical a été envoyé au Liban. Un premier vol a décollé de Marseille le matin, un second de Paris vers 17 heures, un troisième était prévu en fin de journée.

Un pays plongé dans la crise

Ancienne puissance mandataire (1920-1943), la France est une alliée traditionnelle du Liban. A la différence d’autres grands acteurs comme les Etats-Unis, elle parle à toutes les parties libanaises, y compris le puissant mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, et est aussi active dans les négociations avec les bailleurs de fonds du pays. Paris compte y jouer un rôle de premier plan avec des « initiatives dans les jours qui viennent » afin de mobiliser l’aide internationale nécessaire, notamment au niveau européen, selon Jean-Yves le Drian. Elle peut aussi solliciter ses réseaux dans le Golfe où elle est « proche de puissances comme l’Arabie qui ont une influence considérable au Liban », souligne Karim Emile Bitar.

Reste à savoir le ton qu’Emmanuel Macron va adopter lors de cette visite, alors que le Liban traversait avant l’explosion une grave crise économique et sociale et que l’opinion est très remontée contre sa classe politique, qu’elle juge corrompue et incapable d’engager des réformes. Vient-il avant tout pour témoigner sa solidarité ou critiquera-t-il comme son chef de la diplomatie en juillet l’absence de réformes du gouvernement pour sortir le pays de la crise ? « Les Libanais souhaitent que M. Macron s’adresse directement à eux plutôt qu’à cette classe politique qui a leurs yeux est complètement discréditée », pointe Karim Emile Bitar.