Affaire Fortis: Mis en cause, le premier ministre belge s'apprête à proposer la démission du gouvernement

PRESSIONS Le ministre de la Justice a déjà fait ses valises...

J.M. avec agence

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Accusé jeudi par la plus haute juridiction belge de pressions sur la justice dans le dossier de la banque Fortis, le Premier ministre belge Yves Leterme semblait pouvoir éviter la démission grâce à la dénonciation d'irrégularités commises par un magistrat.
Accusé jeudi par la plus haute juridiction belge de pressions sur la justice dans le dossier de la banque Fortis, le Premier ministre belge Yves Leterme semblait pouvoir éviter la démission grâce à la dénonciation d'irrégularités commises par un magistrat. — Jorge Dirkx AFP

Le Premier ministre belge Yves Leterme va proposer ce vendredi la démission de son gouvernement au roi Albert II, suite aux accusations de pressions sur des magistrats dont il fait l'objet dans l'affaire du sauvetage de la banque Fortis. Plusieurs parlementaires avaient appelé à son départ, ainsi pour certains, que de celui de l'ensemble du gouvernement.

Le roi des Belges Albert II a indiqué vendredi soir qu'il réservait sa réponse et qu'il entamait des consultations.




«Après avoir pris connaissance de la démission du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen, le Conseil des ministres a décidé de présenter au Roi la démission de l'ensemble du gouvernement», a annoncé un porte-parole. Le souverain peut maintenant se donner un délai de réflexion, accepter cette décision, ou la refuser, comme en juillet dernier.

Question de crédibilité

Un peu plus tôt, le ministre de la Justice a effectivement démissionné après que le président de la cour de Cassation a réaffirmé avoir des «indications importantes» que le gouvernement avait fait pression sur la justice dans l'affaire Fortis.

«Un ministre de la Justice qui veut réaliser une réforme profonde et nécessaire de la Justice doit avoir de l'autorité et de la crédibilité. Le soupçon d'une implication dans des pratiques inacceptables (si elles existent), l'en empêcherait», a expliqué le ministre dans sa lettre de démission adressée à Yves Leterme, et publiée par ses services.

Des conseillers de Leterme en cause

Ces événements interviennent juste après la publication de la «note détaillée» du président de la Cour de cassation, la plus haute juridiction belge. Des conseillers d'Yves Leterme sont accusés d'avoir fait directement pression sur des magistrats pour qu'ils valident le démantèlement du groupe financier, décidé par le gouvernement pour lui éviter la faillite alors qu'il était ébranlé par la crise financière mondiale.


«Vu mes moyens limités d'enquête, je n'ai pas pu apporter de preuve au sens juridique du terme d'une influence du politique sur la magistrature. Mais il y a indubitablement des indications importantes en ce sens», indique Ghislain Londers, dans sa note remise au président de la Chambre des députés.