Bolivie : L'ONU déplore la hausse de 10 % des plantations de coca en 2019

DROGUE La superficie totale est bien supérieure à celle jugée nécessaire par les experts concernant la consommation traditionnelle

20 Minutes avec agences

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Jeanine Anez, présidente par intérim de la Bolivie, à La Paz le 20 janvier 2020.
Jeanine Anez, présidente par intérim de la Bolivie, à La Paz le 20 janvier 2020. — Juan Karita/AP/SIPA

« En 2019, la culture de la coca en Bolivie a augmenté de 10 % par rapport aux chiffres de 2018 », a déclaré Thierry Rostan, représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans le pays, lors d’une vidéoconférence. Il a précisé que les plantations pour fabriquer de la cocaïne étaient passées en un an de 23.100 à 25.500 hectares. Cette superficie est toujours bien supérieure à celle jugée nécessaire par les experts pour la consommation traditionnelle.

La feuille de coca, ingrédient principal servant à la fabrication de la drogue, est également utilisée depuis l’époque précoloniale pour des usages traditionnels, comme des infusions et des rituels religieux. Elle est aussi mâchée pour résister au froid, à la fatigue et combattre les effets de l’altitude.

Zones détectées par image satellite

L’ONUDC a détecté la présence de « coca dans 6 des 22 zones protégées au niveau national », où elle est interdite, grâce à des images satellites et des informations recueillies sur le terrain. L’expansion des plantations de coca a surtout eu lieu dans les départements de La Paz et de Cochabamba (centre), où se trouve le Chaparé, bastion politique de l’ex-président Evo Morales, selon le rapport annuel de l’ONUDC, qui n’a donné aucune explication sur les causes.

De son côté, le gouvernement par intérim de Jeanine Añez (droite) a rejeté la faute sur la précédente administration. « Le gouvernement de Morales a mis en place des politiques pour encourager la production illégale de coca en protégeant la production excédentaire, en augmentant la superficie légale et les implantations dans les parcs et réserves naturelles », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo.

Une loi controversée en 2017

En 2017, le gouvernement d’Evo Morales a approuvé une loi très controversée sur la coca qui faisait passer la surface totale des cultures autorisées de 12.000 à 22.000 hectares en mettant fin au monopole de la région des Yungas. Le texte a légalisé des plantations illégales dans le Chaparé.

La Bolivie est le troisième producteur mondial de feuilles de coca, derrière la Colombie et le Pérou.