Avec un PIB en chute libre (– 32,9 %), les Etats-Unis entrent pour de bon en récession

CRISE Selon le département du Commerce américain, ce plongeon « reflète la réponse apportée au Covid-19 »

20 Minutes avec AFP

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Devant la Bourse de New York, à Wall Street.
Devant la Bourse de New York, à Wall Street. — Mark Lennihan

La chute est légèrement moins pire que prévu par les analystes, mais elle reste spectaculaire. Les Etats-Unis ont vu leur PIB se contracter de 32,9 % au deuxième trimestre 2020, selon une estimation préliminaire du département du Commerce publiée ce jeudi. Cette baisse, historique, marque l’entrée officielle en récession de la première économie du monde, après un premier trimestre déjà en baisse.

Pour calculer leur croissance, les Américains utilisent le rythme annualisé, lequel compare le PIB à celui du trimestre précédent, et projette l’évolution sur l’année entière à ce rythme. Ce qui diffère du glissement annuel, qui compare le PIB à celui du même trimestre de l’année précédente. La comparaison avec d’autres pays est donc rendue difficile.

La conso et les investissements plongent

Selon le département du Commerce américain, ce plongeon « reflète la réponse apportée au Covid-19, avec des mesures de confinement imposées en mars et en avril, partiellement compensées par la réouverture d’une partie de l’activité dans certaines régions du pays en mai et juin ». La contraction du PIB, inférieure à la chute de 37 % estimée par le Fonds monétaire international, est largement due à la baisse des dépenses de consommation – composante majeure du produit intérieur brut –, qui ont baissé de 34,6 % au deuxième trimestre, en rythme annualisé également.

Les dépenses dans les services, un des secteurs les plus touchés par la crise, ont chuté de 43,5 %. Les investissements privés ont eux baissé de 49 %. Et sans surprise, les dépenses du gouvernement fédéral ont bondi de 17,4 %, en raison de l’aide financière apportée aux ménages et aux entreprises. Les prix à la consommation ont par ailleurs diminué de 1,9 % sur le trimestre, quand ils étaient en hausse de 1,3 % au premier trimestre, selon l’indice PCE également publié jeudi.

Le nombre de cas toujours au plus haut

Au premier trimestre, le PIB de la première économie du monde avait reculé de 5 % sous l’effet des mesures de confinement imposées à la mi-mars. Les Etats-Unis ont connu une croissance de 2,3 % en 2019, et le président Donald Trump, qui avait fait de la bonne santé de son économie un argument dans sa course à la réélection, visait 3 % par an.

Pendant ce temps, la recrudescence de cas de Covid-19, notamment dans le Sud et l’Ouest, a poussé une large partie du pays à mettre un frein à la réouverture, voire à reconfiner partiellement. Conséquence : les nouvelles inscriptions au chômage ont enregistré depuis mi-juillet deux semaines de hausse, alors qu’elles diminuaient depuis le record enregistré à la fin du mois de mars. Du 20 au 25 juillet, 1,43 million de nouveaux Américains ont pointé au chômage.