Coronavirus aux Etats-Unis : L’administration Trump dévoile ce jeudi l’ampleur historique du choc économique

PAYS A L'ARRET Emploi, immobilier, consommation… La flambée des cas de Covid-19 empêche toute reprise de l’économie

20 Minutes avec AFP

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A Santa Monica, un magasin fermé.
A Santa Monica, un magasin fermé. — VALERIE MACON / AFP

Le confinement du printemps a précipité brutalement l’économie américaine dans la récession, et l’ampleur du plongeon du PIB des Etats-Unis entre avril et juin doit être dévoilée ce jeudi par l’administration Trump, au moment même où le nombre de morts liés au Covid-19 est au plus haut dans le pays.

Avec des usines mises à l’arrêt pendant plusieurs semaines, des commerces et restaurants fermés, des quartiers d’affaires entièrement désertés des cols blancs, le Grand confinement, entamé mi-mars aux Etats-Unis, a arrêté en pleine course une économie en bonne santé. Des millions d’Américains ont perdu leur emploi et sont toujours au chômage dans un marché du travail sinistré.

Une contraction bien pire qu’en 2008

Après avoir reculé de 5 % au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une chute historique au deuxième trimestre. Le chiffre de la première estimation de l’administration s’annonce vertigineux : entre – 35 %, selon un consensus d’analystes, et – 37 %, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Quelle qu’elle soit, il s’agira « de loin (de) la plus forte des baisses trimestrielles, qui remontent à 1947 », selon Ben Herzon, économiste pour le cabinet IHS Markit, qui table sur une baisse de 35,3 %. A titre de comparaison, « le pire trimestre de la Grande Récession a été le quatrième trimestre de 2008, lorsque le PIB réel s’est contracté de 8,4 % en rythme annuel », a-t-il ajouté.

Les contaminations freinent la reprise

Pour l’ensemble de l’année 2020, la baisse attendue est de – 6,5 %, avant un rebond de 5 % en 2021 et une croissance plus modeste (3,5 %) l’année suivante, selon les prévisions publiées début juin par la Banque centrale américaine. Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, la voit à 20 % pour les troisième et quatrième trimestres 2020.

L’activité a été réduite au minimum dans le pays en avril, mais a commencé à repartir progressivement, Etat par Etat, à partir de mai. Immobilier, ventes au détail, automobile… La première économie mondiale a rebondi au mois de juin. Mais la recrudescence de cas de Covid-19 dans le pays, notamment dans le Sud et l’Ouest, à partir de fin juin, a poussé une large partie du pays à mettre un frein à la réouverture, voire à reconfiner partiellement. Conséquence directe : les nouvelles inscriptions au chômage ont enregistré mi-juillet leur première hausse depuis la fin du mois de mars. Les chiffres de la semaine dernière seront également publiés jeudi, et montreront s’il s’agissait d’une augmentation isolée ou bien le début d’une tendance de fond.

Le « plus grand choc » de mémoire humaine

« Cette pandémie est le plus grand choc pour l’économie américaine de mémoire humaine », passant « du plus bas niveau de chômage en cinquante ans au plus haut niveau depuis quatre-vingt-dix ans, et cela en deux mois », a souligné mercredi le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell.

L’institution, qui a sans surprise maintenu mercredi ses taux au plus bas, à zéro, a rappelé qu’elle soutiendrait aussi longtemps que nécessaire l’économie américaine. Mais elle a aussi pressé le gouvernement d’aider financièrement les entreprises et les ménages qui peinent à sortir de cette crise. Contrôler le virus est une condition sine qua non pour une véritable reprise, a-t-il encore souligné. On en est loin : pour l’heure, la flambée des contaminations freine l’activité depuis la fin du mois de juin.