Coronavirus: Le Brésil franchit la barre des 90.000 morts

PANDEMIE Depuis début juillet, le pays a une moyenne de plus de 1.000 décès par jour sur sept jours glissants

20 Minutes avec AFP

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Le président du Brésil Jair Bolsonaro, à Brasilia le 29 juillet 2020.
Le président du Brésil Jair Bolsonaro, à Brasilia le 29 juillet 2020. — Eraldo Peres/AP/SIPA

Alors que l’Organisation mondiale de la Santé avait annoncé le 17 juillet que l’épidémie a atteint « un plateau » au Brésil, le coronavirus y est en fait encore extrêmement virulent. Le pays a ainsi franchi mercredi le cap des 90.000 morts du Covid-19. Surtout, le ministère de la Santé a présenté des chiffres très élevés de nouvelles contaminations.

Deuxième derrière les Etats-Unis

Le plus grand pays d’Amérique latine a enregistré au cours des dernières 24 heures 1.595 décès supplémentaires et fait état de 69.074 nouvelles contaminations. Au total 2,55 millions de personnes ont été infectées par le virus. Le Brésil est le deuxième pays où le Covid-19 tue le plus au monde après les Etats-Unis, qui ont franchi mercredi de leur côté le seuil des 150.000 morts.

Ces nouveaux décès et ces nouvelles contaminations représentent des records, qui doivent toutefois être relativisés. L’Etat de Sao Paulo, le plus peuplé du Brésil avec ses 46 millions d’habitants, a en effet reporté sur ce mercredi les statistiques qu’il n’avait pas pu intégrer la veille, pour des raisons techniques, dans le tableau national. Il n’en reste pas moins que la pandémie est toujours très active au Brésil, avec une moyenne de plus de 1.000 décès par jour sur sept jours glissants depuis le début juillet. Quant au nombre de nouveaux cas, il est en moyenne au-dessus de 30.000 depuis le 19 juin et supérieur à 40.000 depuis le 24 juillet.

Des données sous-évaluées

En outre, les données du ministère de la Santé, d’après les scientifiques, sous-évaluent largement l’ampleur de la pandémie dans ce pays qui pratique très peu de tests. « Aujourd’hui, nous faisons des diagnostics plus précoces de la maladie », a toutefois assuré mercredi un responsable de la Santé, Arnaldo Medeiros. « Ceci contribue à l’augmentation du nombre de cas ».

La pandémie a des allures d’une crise sanitaire interminable pour la population, cinq mois après la détection du premier cas. Cela rend de plus en plus difficile le maintien de mesures d’isolement et de distanciation physique. En outre, selon les experts, l’absence de politique nationale a largement favorisé la progression du virus au Brésil où le ministère de la Santé est dirigé depuis mai par son troisième titulaire depuis le début de la crise.