Etats-Unis: Pour le ministre de la Justice, les «émeutes» de Portland n'ont plus de lien avec George Floyd

BLACK LIVE MATTER Bill Barr, ministre américain de la justice, doit prendre la parole ce mardi, devant le Congrès, pour prendre la défense l’intervention d’agents fédéraux à Portland où une poche de contestation persiste après la mort de Georges Floyd à Minneapolis

20 Minutes avec AFP

— 

Des manifestants allongés au sol à Portland en hommage à George Floyd, le 2 juin 2020.
Des manifestants allongés au sol à Portland en hommage à George Floyd, le 2 juin 2020. — Beth Nakamura/AP/SIPA

Le ministre américain de la Justice Bill Barr doit défendre mardi, lors d'une audition au Congrès, l'intervention d'agents fédéraux à Portland où, selon lui, les «émeutes» n'ont plus rien à voir avec la mort de George Floyd.

«Des émeutiers violents et des anarchistes ont détourné des manifestations légitimes pour semer le ravage et la destruction», doit-il déclarer devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, selon une copie de ses propos liminaires publiée en amont.

« A tout égard une attaque contre le gouvernement des Etats-Unis »

«Ce qui se passe chaque nuit autour du tribunal» de cette grande ville de l'Oregon «ne peut pas être appelé une manifestation, c'est à tout égard une attaque contre le gouvernement des Etats-Unis», doit ajouter ce solide soutien de Donald Trump.

Se faisant l'écho du président républicain, il doit décrire «une foule de centaines d'émeutiers» équipée «de lance-pierres, tasers, marteaux, scies, explosifs...» qui n'essaient selon lui «même pas de manière superficielle, de lier leurs actions à la mort de George Floyd ou à des appels légitimes à des réformes».

La mort de cet Afro-Américain, asphyxié par un policier blanc le 15 mai à Minneapolis, a déclenché dans tous les Etats-Unis d'énormes manifestations antiracistes et des appels à réformer la police. La mobilisation s'est considérablement affaiblie, mais des poches de contestation ont persisté, notamment à Portland une ville du Nord-Ouest nettement marquée à gauche.

Un mouvement durci après l’intervention d’agents fédéraux mi-juillet

Le déploiement en juillet d'agents fédéraux qui, vêtus de tenue paramilitaire et sans badge visible d'identification, y ont procédé à des dizaines d'interpellations, a durci le mouvement et, chaque nuit, des heurts ont lieu entre les policiers et les protestataires.

Les élus locaux démocrates accusent Donald Trump d'avoir jeté de l'huile sur les braises et regrettent l'intervention des agents fédéraux. Le président, qui mise sur son discours de fermeté pour décrocher un second mandat le 3 novembre, leur reproche d'être des «gauchistes radicaux».

Loin de se préparer à un repli, une centaine de nouveaux agents des Marshals, une unité fédérale, ont été identifiés en vue de nouveaux déploiements, selon une de leurs porte-parole.

Défense de la police et «scandale bidon du Russiagate»

Lors de son audition, Bill Barr doit également défendre la police qui, selon lui a été «diabolisée» par les manifestants et dénoncer «le scandale bidon du Russiagate», en référence à la tentaculaire investigation sur de possibles liens entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016, qui a empoisonné la première partie du mandat du milliardaire républicain.