Disparition de Tiphaine Véron : Son frère Damien dénonce une « enquête inexistante » des autorités japonaises

DISPARITION La jeune femme originaire de Poitiers n’a plus donné signe de vie depuis deux ans

C.C. avec AFP
Tiphaine Véron a disparu le 28 juillet 2018 à Nikko au Japon.
Tiphaine Véron a disparu le 28 juillet 2018 à Nikko au Japon. — Kazuhiro NOGI / AFP

Tiphaine Véron a disparu le 29 juillet 2018 à Nikko, une cité touristique du nord-est du Japon. La jeune femme âgée de 36 ans est originaire de Poitiers. Epileptique, elle avait quitté son hôtel pour aller se promener dans cette ville entourée de monts et bois, laissant derrière elle valise et passeport. Depuis, la famille déplore l’absence d’avancées dans l’enquête.

Pour relancer le dossier, elle a recruté ces derniers mois un nouvel avocat, le pénaliste Antoine Vey, cofondateur d’un cabinet parisien avec Eric Dupond-Moretti. « De nouvelles demandes d’acte vont être adressées à la juge d’instruction » française et le cabinet n’exclut pas de recruter des enquêteurs privés, assure Damien Véron, le frère de la disparue.


Il pointe certaines « insuffisances » selon ses termes : absence de visionnage de caméras de surveillance, absence de résultats après des tests pratiqués au luminol dans la chambre d’hôtel de Tiphaine, compilations d’auditions incomplètes et contradictoires, données de téléphonie manquantes.

Un seul « aller/retour express » des policiers français

« Nous avons découvert avec effroi qu’aucune enquête pour disparition inquiétante n’a été ouverte par les autorités japonaises. C’est une division dédiée à l’ordre public et non pas une division criminelle et judiciaire qui s’occupe de la disparition de Tiphaine depuis le début. Ce qui explique par exemple des blocages sur la téléphonie et nous inquiète sur une série d’actes qui n’ont pas été réalisés faute de cadre légal », dit-il. Il déplore également que les policiers français n’aient effectué qu'« un aller/retour express » au printemps 2019.

Pour marquer les deux ans de la disparition de Tiphaine Véron, sa famille prévoit la diffusion d’une série de témoignages vidéo mercredi sur les réseaux sociaux. Des clips enregistrés par des amis et des personnalités à la façon de « lettres à Tiphaine », « pour lui dire de tenir le coup, de garder espoir », explique Damien Véron, qui a rédigé un livre sur la disparition de sa sœur pendant le confinement et cherche un éditeur.

La famille, qui a annulé un voyage au Japon prévu en avril à cause de la pandémie de Covid-19, compte y retourner « dès que possible », assure Damien Véron.