Thaïlande: Les manifestations se succèdent pour faire tomber le gouvernement

CONTESTATION Les protestataires, principalement des étudiants, demandent le départ du Premier ministre et ancien chef de l’armée Prayut Chan-O-Cha

20 Minutes avec AFP

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Des militants LGBT rassemblés à Bangkok pour demander la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, le 25 juillet 2020.
Des militants LGBT rassemblés à Bangkok pour demander la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, le 25 juillet 2020. — Teera Noisakran/Pacific Press//S

Depuis une semaine, les manifestations s’enchaînent en Thaïlande pour demander la chute du gouvernement. Plusieurs centaines de personnes, principalement des étudiants, ont ainsi manifesté dimanche à Bangkok devant le Monument de la Démocratie. Le 18 juillet déjà, des milliers de manifestants, portant un uniforme noir inspiré par les tenues des protestataires du mouvement prodémocratie de Hong Kong, s’étaient rassemblés au même endroit. Comme dans la région autonome chinoise, participer à de telles manifestations n’est pas sans risque dans un pays tenu d’une main de fer par l’armée.

Des peluches pour protester

Alors qu’une semaine auparavant les participants avaient repris des chansons rap antigouvernementales, cette fois les protestataires ont choisi dimanche de brandir des peluches d’animaux du manga japonais Hamtaro pour exprimer leur rejet du gouvernement de l’ancien chef de l’armée Prayut Chan-O-Cha. Sous la surveillance de dizaines de policiers, les manifestants ont chanté une parodie de la chanson fétiche du dessin animé japonais en remplaçant les paroles par le refrain « dissolution du parlement ».

Des étudiants brûlent le portrait du Premier ministre Prayut Chan-o-cha devant le siège du gouvernement lors des manifestations à Bangkok le 24 juillet 2020.
Des étudiants brûlent le portrait du Premier ministre Prayut Chan-o-cha devant le siège du gouvernement lors des manifestations à Bangkok le 24 juillet 2020. - Vichan Poti/Pacific Press//SIPA

Nous avons besoin de ce droit à la démocratie « car le gouvernement s’en prend à quiconque n’est pas de son côté », a expliqué Bowie, 27 ans, avant de se joindre aux manifestants entamant un jogging en musique autour du Monument de la Démocratie pour symboliser le cercle vicieux caractérisant la vie politique dans le royaume. La veille, des militants LGBT se sont également rassemblés devant le monument pour demander la démission du général Prayut et l’égalité des droits en matière de mariage.

Le puissant chef de l’armée thaïlandaise, le général Apirat Kongsompong, a demandé vendredi à tous les Thaïlandais de rester « neutres », notamment sur les réseaux sociaux. Mais, la crise économique due à l’épidémie de Covid-19 et la disparition récente d’un militant du mouvement en faveur de la démocratie ne font pas retomber le mécontentement de la jeune génération.

Le PIB en chute libre

L’économie thaïlandaise devrait se contracter de 10 % en 2020 en raison de l’épidémie de coronavirus, avec le coup d’arrêt infligé au tourisme et aux exportations qui a surtout frappé les classes moyennes et laborieuses. Des centaines de milliers d’étudiants devraient selon les prévisions se retrouver au chômage lorsqu’ils obtiendront leur diplôme en septembre.

Des analystes estiment que le royaume, où la monarchie absolue a été remplacée par une monarchie constitutionnelle après la révolution de 1932, présente une tendance au retour à l’absolutisme sous le règne de Rama X et des généraux ultraroyalistes qui l’entourent.