Etats-Unis : Visée par un mandat d’arrêt, une chercheuse chinoise se réfugie dans un consulat

TENSIONS DIPLOMATIQUES Cette chercheuse est soupçonnée d’avoir menti sur son appartenance à l’armée chinoise pour obtenir un visa américain

20 Minutes avec agences

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La chercheuse s'est réfugiée au consulat chinois de San Francisco (illustration).
La chercheuse s'est réfugiée au consulat chinois de San Francisco (illustration). — Pixabay / sudarsans

Les faits s’inscrivent dans un contexte de tensions exacerbées entre la Chine et les Etats-Unis. Une chercheuse chinoise, accusée d’avoir dissimulé ses liens avec l’armée de son pays pour obtenir un visa américain, s’est réfugiée au consulat chinois de San Francisco pour échapper à son arrestation.

« Quatre personnes ont été inculpées récemment pour fraude au visa parce qu’ils ont menti sur leur appartenance à l’armée chinoise » afin d’obtenir des titres de séjour leur permettant de mener des recherches ou d’étudier dans le pays, a indiqué ce jeudi le ministère de la Justice dans un communiqué. « Trois ont été arrêtées et le FBI recherche la quatrième qui est une fugitive actuellement à l’abri dans l’enceinte du consulat chinois de San Francisco. »

Chercheuse dans un laboratoire universitaire

La fugitive s’appellerait Juan Tang. Spécialiste des traitements contre le cancer, elle travaillait depuis janvier dans un laboratoire de l’Université de Californie. Pour obtenir son permis de séjour, elle avait assuré n’avoir jamais été liée à l’armée chinoise. Mais, selon son acte d’accusation, des enquêteurs ont découvert des photos d’elle en uniforme et établi qu’elle travaillait pour un hôpital militaire chinois.

Elle s’est abritée au consulat de San Francisco après avoir été interrogée, le 20 juin, par la police fédérale, qui a également mené une perquisition à son domicile. Visé par des accusations comparables, un chercheur en médecine Xin Wang a été arrêté le 7 juin alors qu’il s’apprêtait à quitter les Etats-Unis. La police américaine a également interpellé le 18 juillet Chen Song, une spécialiste du cerveau, et Kaikai Zhao, étudiant en intelligence artificielle.

Des « persécutions » selon Pékin

Sans confirmer ou infirmer la fuite de sa ressortissante, Pékin a rejeté la faute sur Washington, accusé de « persécuter politiquement » les étudiants et universitaires chinois. « Nous appelons les Etats-Unis à arrêter d’utiliser toute sorte d’excuses pour restreindre, harceler ou se débarrasser des chercheurs chinois », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin. « La Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger la sécurité et les droits légitimes des citoyens chinois », a-t-il ajouté.

La police et la justice américaine multiplient depuis plusieurs mois les poursuites contre des Chinois soupçonnés de se livrer à de l’espionnage économique ou industriel. Mardi, les autorités ont encore annoncé l’inculpation de deux Chinois soupçonnés d’avoir mené des cyberattaques, notamment contre des entreprises impliquées dans la recherche d’un vaccin anti-Covid. Les Etats-Unis ont aussi ordonné à Pékin de fermer son consulat de Houston, au Texas, accusé d’être un « épicentre » d’espions.