Outre-Manche, le sexisme est toujours aussi présent, même en télétravail

ROYAUME-UNI Selon une étude, une femme sur trois s’est vue demander, par l’un de ses managers, de porter plus de maquillage ou de se coiffer davantage

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une personne en télétravail.
Illustration d'une personne en télétravail. — BARBARA GINDL / APA

Même à distance, et même en pleine pandémie de coronavirus, il a la vie dure. Des faits de sexisme ont été subis par un grand nombre de femmes britanniques alors même qu’elles étaient en télétravail à cause de l’épidémie, selon une étude publiée ce jeudi par le cabinet d’avocats Slater and Gordon, qui a interrogé 2.000 hommes et femmes.

Si l’on pouvait espérer que le télétravail limiterait les risques de comportements déplacés, il n’en est rien selon cette étude, qui estime que le sexisme a trouvé de nouveaux moyens, plus insidieux, pour prospérer en ligne. Ainsi, plus d’un tiers des femmes interrogées (35 %) a été au moins une fois témoin, depuis le début du confinement au Royaume-Uni fin mars, d’une demande à caractère sexiste venant d’un supérieur.

Une femme sur trois s’est vue demander par un manager de porter plus de maquillage ou de se coiffer davantage, tandis qu’une sur quatre a été priée de s’habiller de manière « plus sexy ou provocante ». Toujours selon l’étude, les responsables ont justifié ces demandes pour gagner de nouveaux contrats ou faire plaisir à l’équipe et aux clients, lors des réunions en visioconférence.

La peur d’être blacklistée

Par peur des conséquences négatives sur leur carrière, la plupart des femmes visées par ces demandes n’en ont pas parlé aux RH, et un quart a finalement cédé en changeant d’apparence.

« Il est extrêmement décevant que nous ayons encore ce type de conversations, en particulier à un moment où les femmes jonglent entre de multiples tâches à la maison​ et peuvent également être responsables de la garde d’enfant. Ce type de comportement archaïque ne doit pas exister dans un monde du travail moderne », fustige notamment Danielle Parsons, avocate chez Slater and Gordon.