Coronavirus: Le Brésil lance la dernière phase de tests d’un vaccin chinois

TRAITEMENT Si les résultats sont concluants, l’Institut public de référence Butantan produira 120 millions de doses au début 2021

20 Minutes avec AFP

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Coronavirus: Le Brésil lance la dernière phase de tests d’un vaccin chinois — 20 Minutes

La course pour trouver un traitement au Covid-19 vient de franchir un nouveau pas au Brésil. Le pays est devenu mardi le premier à lancer les tests de phase III du vaccin chinois Coronavac, a annoncé le laboratoire Sinovac Biotech.

Un total de 9.000 volontaires

Une femme médecin de 27 ans a été la première de 9.000 volontaires parmi les personnels de santé qui vont recevoir au cours des trois prochains mois des injections du vaccin dans le cadre de cette phase, la dernière des essais cliniques avant l’homologation. Ces tests sont menés par l’Institut public de référence Butantan, qui doit en produire 120 millions de doses au début 2021 si les résultats sont concluants.

« Je suis très heureuse de pouvoir participer à cette expérience, on vit un moment unique et historique, et c’est ce qui m’a poussée à faire partie de ce projet », a déclaré le médecin, dont le nom n’a pas été dévoilé pour des raisons de confidentialité, dans une vidéo publiée par l’Hôpital des Cliniques de la Faculté de Médecine de l’Université de Sao Paulo. Le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, Joao Doria, a qualifié mardi de « jour historique » le début des tests en phase finale « d’un des vaccins les plus avancés du monde ».

Près de 20.000 doses du Coronavac arrivées par avion lundi à Sao Paulo seront distribuées dans 12 centres dans cet Etat, le plus peuplé et contaminé du Brésil, ainsi que ceux de Rio de Janeiro, Minas Gerais, Rio Grande do Sul, Paraná, et dans la capitale Brasilia. Les volontaires recevront deux doses du vaccin à 14 jours d’intervalle. Le vaccin de Sinovac est le troisième à entrer dans le monde en phase III d’essais cliniques.

Un autre vaccin britannique

Un autre vaccin est déjà en phase III de tests au Brésil depuis la fin juin, celui mis au point par l’Université d’Oxford et le laboratoire britannique AstraZeneca, le ChAdOx1 nCoV-19, également testé au Royaume Uni et en Afrique du Sud. Ce vaccin britannique a présenté des résultats encourageants, générant « une forte réponse immunitaire », comme celui d’un autre projet chinois, du groupe CanSino Biologics, selon des éléments préliminaires publiés lundi par la revue médicale britannique The Lancet.

Les autorités sanitaires ont par ailleurs annoncé mardi l’autorisation de tests cliniques de phase II et III pour deux autres vaccins anticoronavirus développés par l’Américain Pfizer et l’Allemand BioNTech, avec 29.000 volontaires, dont 1.000 au Brésil dans les Etats de Sao Paulo et Bahia.

Le Brésil est un terrain propice aux tests de vaccins car la pandémie y est encore en pleine expansion et le pays dispose d’un savoir-faire reconnu mondialement en termes d’immunisation. Le pays est le deuxième le plus touché au monde par la pandémie, après les Etats-Unis : il a franchi lundi le seuil des 80.000 décès et compte plus de 2,1 millions de personnes contaminées.