Les Emirats lancent « Al-Amal », la première sonde spatiale arabe en route pour Mars

ESPACE Avec cette sonde, les Emirats lancent leur conquête de l’espace

20 Minutes avec AFP

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« Al-Amal », la première sonde spatiale arabe, en route pour Mars — 20 Minutes

Les Emirats arabes unis ont célébré dans les premières heures de ce lundi le lancement de leur sonde Al-Amal (Espoir) vers la planète Mars, qui doit fournir une image complète de la dynamique de la température dans l’atmosphère de la planète rouge. Il s’agit de la première mission interplanétaire entreprise par un pays arabe.

Al-Amal doit atteindre l’orbite de Mars en février 2021, au moment du 50e anniversaire de l’unification des Emirats. Les EAU souhaitent que la mission soit une source d’inspiration pour la jeunesse dans le monde arabe. Les ambitions spatiales de ce pays du Golfe riche en pétrole sont perçues comme une réminiscence de l’âge d’or des grandes réalisations culturelles et scientifiques du Moyen-Orient.

Projets de colonie sur Mars et de tourisme spatial

L’Etat fédéré composé de sept émirats (ou principautés), parmi lesquels la capitale Abou Dhabi et le clinquant Dubaï, dispose de neuf satellites en état de marche en orbite et prévoit d’en lancer huit autres dans les années à venir. En septembre 2019, Hazza al-Mansouri fut le premier Emirati à être envoyé dans l’espace, à bord d’une fusée Soyouz, et le premier citoyen arabe à séjourner dans la Station spatiale internationale (ISS).

Les ambitions du pays vont encore plus loin puisqu’il projette de construire une colonie humaine sur Mars d’ici 2117. Entre-temps, il prévoit de créer une « cité scientifique » dans le désert en périphérie de Dubaï, afin de simuler les conditions martiennes et de développer la technologie nécessaire pour coloniser la planète. Les Emirats envisagent également des projets miniers et de tourisme spatial. Ils ont signé un protocole d’accord avec Virgin Galactic, la société de tourisme spatial du milliardaire britannique Richard Branson.

Le voyage de « l’espoir »

Al-Amal, la sonde de 1.350 kg, de la taille d’un 4x4, mettra sept mois pour parcourir les 493 millions de kilomètres jusqu’à Mars, à temps pour marquer le 50e anniversaire de l’unification des sept émirats en 2021.

La sonde restera en orbite pendant toute une année martienne, soit 687 jours. Cette mission doit étudier l’atmosphère de Mars​ pour « fournir une première compréhension complète » de ses variations climatiques sur une année entière, a rappelé Sarah al-Amiri, ministre des Technologies avancées des Emirats et directrice adjointe du projet, qui était présente au Japon au moment du lancement.

Trois instruments fixés sur « Espoir » fourniront une image complète de l’atmosphère de Mars tout au long de l’année martienne. Un spectromètre infrarouge mesurera la basse atmosphère et analysera la structure de la température, un imageur haute résolution fournira des informations sur les niveaux d’ozone et, enfin, un spectromètre ultraviolet mesurera les niveaux d’oxygène et d’hydrogène à une distance pouvant atteindre 43.000 kilomètres de la surface.

Mieux comprendre le climat de la Terre

La compréhension des atmosphères d’autres planètes doit permettre de mieux comprendre le climat de la Terre, affirment les responsables de la mission spatiale. « Nous attendons le moment de la séparation » de la sonde et du lanceur « et le premier signal » d’Al-Amal, a indiqué Sarah al-Amiri, directrice adjointe du projet et également ministre des Technologies avancées des Emirats. Dans une région secouée par les conflits et plombée par des difficultés économiques, le projet est aussi considéré comme un moyen d’inspirer toute une génération et lui rappeler l’apogée des avancées scientifiques du Moyen Age.

« Les Emirats voulaient envoyer un message fort à la jeunesse arabe et lui rappeler le passé, que nous étions autrefois des générateurs de savoir », explique Omran Charaf, le responsable du projet de la mission. « Al-Amal appartient à des millions de jeunes de cette région qui veulent du progrès, de l’inspiration et des opportunités. C’est un défi direct à ceux qui veulent réprimer ces aspirations », a tweeté Hend al-Otaiba, directrice des communications stratégiques au ministre des Affaires étrangères des Emirats.