Chine : Londres dénonce des « atteintes graves » aux droits des Ouïghours

GEOPOLITIQUE Plusieurs vidéos et études circulent sur des traitements infligés par la Chine à la communauté ouïghoure

20 Minutes avec AFP
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Dominic Raab est sorti du silence
Dominic Raab est sorti du silence — George Cracknell Wright/LNP/Shutterstock/SIPA

Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a accusé ce dimanche la Chine de commettre des « atteintes graves, choquantes aux droits de l’Homme » à l’encontre de la minorité ouïghoure dans le Xinjiang, vaste région du nord-ouest chinois. « Il est clair qu’il y a des atteintes graves, choquantes aux droits de l’Homme, a déclaré Dominic Raab sur la BBC. C’est profondément, profondément choquant ».

Au sujet d’informations évoquant des « stérilisations forcées » ou des « camps de rééducation », il a souligné qu’elles « rappellent quelque chose que nous n’avons pas vu depuis très longtemps, et cela de la part d’un membre de premier plan de la communauté internationale qui veut être pris au sérieux ».

Des tensions de plus en plus vives

« Nous voulons une relation sérieuse [avec la Chine] mais nous ne pouvons voir un tel comportement et ne pas le dénoncer », a-t-il ajouté. Des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme accusent Pékin d’avoir fait interner jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, dans des camps de la région au nom de la lutte antiterroriste, ce que la Chine dément.

Ces déclarations du chef de la diplomatie britannique interviennent alors que les relations entre Londres et Pékin se sont fortement tendues depuis l’imposition par la Chine de sa loi de sécurité nationale à Hong Kong et l’exclusion par le Royaume-Uni du géant chinois Huawei de son réseau 5G, après des mois de pression de Washington.

La Chine montre le poing aussi

L’ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a prévenu sur la BBC que Pékin répondrait de manière « résolue » si Londres imposait des sanctions à des responsables chinois concernant le Xinjiang, à l’instar de ce qui s’est passé avec les Etats-Unis. Le 10 juillet, la Chine avait annoncé des représailles contre Washington, au lendemain de sanctions américaines contre plusieurs dirigeants chinois accusés de réprimer la minorité musulmane ouïghoure.

Dominic Raab a également indiqué qu’il informerait lundi les députés britanniques sur « les mesures supplémentaires » que le Royaume-Uni comptait prendre au sujet de Hong Kong et sur les conclusions d’un examen du traité d’extradition avec le territoire.

Le Royaume-Uni a dénoncé comme une violation manifeste « de l’autonomie de Hong Kong la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine à l’ancienne colonie britannique, qui prévoit d’y punir les activités séparatistes, » terroristes, la subversion et les ingérences étrangères. En réaction, il a déjà promis d’étendre les droits à l’immigration, et à terme l’accès à la citoyenneté britannique, pour des millions d’habitants du territoire, une mesure dénoncée par Pékin comme une « ingérence grossière » dans ses affaires intérieures.