Crash en Iran : Téhéran affirme avoir envoyé les boîtes noires du Boeing ukrainien en France

ENQUETE L’envoi des boîtes noires a été retardé par la pandémie de coronavirus selon les autorités iraniennes

G. N. avec AFP

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Le site du crash du Boeing ukrainien, le 8 janvier 2020.
Le site du crash du Boeing ukrainien, le 8 janvier 2020. — Ebrahim Noroozi/AP/SIPA

L’Iran a envoyé en France les boîtes noires du Boeing ukrainien abattu en janvier au-dessus de Téhéran, a indiqué ce samedi un ministre adjoint iranien des Affaires étrangères au quotidien réformateur Etemad. « Les boîtes noires ont été transportées à Paris hier par des responsables de l’Aviation civile et par un juge, et l’opération de décryptage débutera lundi », a indiqué Mohsen Baharvand, ministre adjoint des Affaires étrangères chargé des Affaires juridiques et internationales.

Les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier avoir abattu « par erreur » trois jours plus tôt le Boeing assurant le vol PS 752 d’Ukraine International Airlines entre Téhéran et Kiev peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran. Le drame a coûté la vie aux 176 personnes à bord de l’appareil, en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux.

Une « erreur humaine » à l’origine du drame

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français a indiqué fin juin que l’Iran lui avait officiellement demandé son assistance technique pour réparer et télécharger les données des boîtes noires. « Le gouvernement français a eu une très bonne coopération avec la délégation iranienne, pour laquelle je remercie la France », a ajouté Mohsen Baharvand. Les travaux sur les boîtes noires devraient débuter le 20 juillet, selon le BEA.

Le ministère iranien avait indiqué en juin que le processus d’envoi des boîtes noires avait été retardé par la pandémie de nouveau coronavirus, qui a durement frappé l’Iran et qui a entraîné l’annulation de la plupart des vols internationaux. Le dernier rapport de l’Aviation civile iranienne publié mi-juillet a indiqué que l'« élément clef » à l’origine du drame était une « erreur humaine », à savoir le mauvais réglage d’un radar militaire suivi d’autres dysfonctionnements.

Les boîtes noires devraient contenir des informations sur les derniers instants de l’avion avant qu’il ne soit frappé par deux missiles sol-air et ne s’écrase. Ce jour-là, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte élevé après le tir par la République islamique de missiles sur une base irakienne abritant des soldats américains destiné à venger le puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans une frappe de drone américaine à Bagdad le 3 janvier.