Coronavirus : Londres accuse des hackers russes de vouloir voler des recherches sur un vaccin, Moscou dément

ESPIONNAGE Ces hackers opéreraient pour les renseignements russes

20 Minutes avec AFP

— 

Des tests pour le coronavirus. (illustration)
Des tests pour le coronavirus. (illustration) — ROBIN UTRECHT/SIPA
  • L’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité a accusé ce jeudi un groupe de hackers russes de s’en prendre à des organisations travaillant à la mise au point d’un vaccin contre le nouveau coronavirus.
  • Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a jugé « totalement inacceptable que les services de renseignement russes ciblent ceux qui travaillent à la lutte contre la pandémie de coronavirus ».

L’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité a accusé ce jeudi un groupe de hackers de s’en prendre à des organisations travaillant à la mise au point d’un vaccin contre le nouveau coronavirus afin de voler leurs recherches, affirmant qu’il est « presque certain » qu’ils opèrent pour les renseignements russes.

Selon le National Cyber Security Centre (NCSC), ces cyber-attaques, toujours en cours, ciblent principalement des organisations britanniques, américaines et canadiennes.

« Le groupe menaçant, connu sous le nom d’"APT29", ou encore des "Ducs" ou de "Cozy Bear", opère presque certainement dans le cadre des services de renseignement russes », a affirmé le NCSC, ajoutant que ses homologues américains et canadiens étaient arrivés aux mêmes conclusions.

« Totalement inacceptable »

« Cette campagne malveillante d’APT29 touche principalement des cibles gouvernementales, diplomatiques, des groupes de réflexion, des acteurs de la santé et de l’énergie pour leur voler leur précieuse propriété intellectuelle », a-t-il expliqué.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a jugé « totalement inacceptable que les services de renseignement russes ciblent ceux qui travaillent à la lutte contre la pandémie de coronavirus ».

Ces hackers devront tôt ou tard « rendre des comptes »

« Alors que certains courent imprudemment après leurs intérêts égoïstes, le Royaume-Uni et ses alliés poursuivent leur dur labeur pour trouver un vaccin et protéger la santé mondiale », s’est-il indigné, ajoutant que « le Royaume-Uni continuera de lutter contre ceux qui mènent de telles cyber-attaques » et qui devront tôt ou tard « rendre des comptes ».

Selon le directeur des opérations du NCSC, Paul Chichester, le groupe de hackers « utilise divers outils et techniques, notamment le spear-phisphing et des logiciels malveillants personnalisés connus sous les noms de "WellMess" et de "WellMail" ».

Le NCSC a rendu publiques ses conclusions aux côtés de conseils aux organisations visées pour mieux se protéger contre ces cyber-attaques. « Nous condamnons ces attaques méprisables à l’encontre de ceux effectuent un travail vital pour combattre la pandémie de nouveau coronavirus », a ajouté son directeur.

La Russie botte en touche

Dans la foulée, Moscou a contre-attaqué par la voix du porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse d’Etat Tass. « Nous n’avons aucune information sur qui a pu hacker des sociétés pharmaceutiques ou des centres de recherches en Grande-Bretagne », a-t-il déclaré.