Reprise des combats entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan après une courte trêve

GUERRE Depuis dimanche, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se livrent à des combats transfrontaliers qui ont fait seize morts

Gilles Durand

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Un résident montre un cratère provoqué par un obus dans le village arménien d'Aygepar, sur la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le 15 juillet 2020.
Un résident montre un cratère provoqué par un obus dans le village arménien d'Aygepar, sur la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le 15 juillet 2020. — Karen Minasyan / AFP

Les deux nations s’accusent mutuellement d’avoir relancé les hostilités. L'Arménie et l’Azerbaïdjan ont repris, ce jeudi, leurs affrontements transfrontaliers, après une journée de cessez-le-feu, selon les ministères de la Défense des deux pays.

Ces combats, qui ont débuté dimanche à la frontière nord entre ces républiques ex-soviétiques du Caucase, mettent face à face deux ennemis de longue date et constituent les heurts les plus graves depuis 2016, laissant craindre une déstabilisation de la région.

« Des tirs d’armes lourdes et de mortiers »

Les deux pays, en conflit depuis des décennies, avaient cessé les combats entre mercredi minuit et jeudi matin, après trois jours d’affrontements meurtriers. « Après une bataille intense, l’ennemi a été repoussé », a indiqué le ministère arménien de la Défense, affirmant avoir empêché à l’aube « une tentative d’infiltration » et infligé des pertes à son adversaire.

Puis, selon Erevan, les forces azerbaïdjanaises ont commencé peu après 5 h locales à « pilonner les villages d’Aygepar et Movses au mortier et à l’obusier D30 ».

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a lui affirmé l’inverse, disant « qu’une unité des forces armées de l’Arménie a de nouveau tenté d’attaquer nos positions dans le district de Tovouz de la frontière azéro-arménienne ». Selon lui, les villages d’Agdam, Donar Gouchtchou et Vakhidli essuyaient « des tirs d’armes lourdes et de mortiers ».

En conflit depuis des décennies

Mercredi, des journalistes de l’AFP ont pu se rendre dans certains de ces villages bombardés, de chaque côté du front. Plusieurs maisons ont vu leurs vitres ou toits soufflés, mais les localités ne semblent pas avoir subi de dégâts majeurs.

Aucun camp n’a fait état de pertes jeudi, l’Azerbaïdjan précisant seulement ne pas avoir enregistré de victimes parmi les civils. Au moins 16 personnes ont été tuées entre dimanche et mardi. Parmi elles, 11 militaires et un civil azerbaïdjanais et quatre soldats arméniens. Bakou a notamment perdu un général.

Les deux ex-républiques soviétiques sont en conflit depuis des décennies autour du Nagorny Karabakh, une région sécessionniste d’Azerbaïdjan soutenue par l’Arménie et théâtre d’une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts.

Réserve de pétrole, soutien de la Russie

Les récents affrontements ont cependant lieu loin de ce territoire, à la frontière nord entre ces deux ex-républiques soviétiques du Caucase, une escalade rare qui laisse craindre un conflit ouvert. La Russie, puissance régionale, les Etats-Unis et l’Union européenne ont tous appelé l’Azerbaïdjan et l’Arménie à cesser les hostilités. Tandis qu’Ankara a apporté tout son soutien à Bakou.

Bakou, qui dispose de revenus importants grâce à ses réserves immenses de pétrole, a depuis des années dépensé sans compter en matière d’armement, et a menacé de reprendre le Nagorny Karabakh par les armes si nécessaire, alors qu’une médiation internationale échoue depuis près de 30 ans à trouver une solution négociée.

L’Arménie, bien plus pauvre, est cependant plus proche de la Russie, qui dispose d’une base militaire en territoire arménien. Le Kremlin, qui se positionne en arbitre dans la région, livre des armes aux deux pays. Et depuis près de 30 ans, il est parvenu à éviter une guerre ouverte.

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