Grande-Bretagne : La statue d'un marchand d'esclaves remplacée par celle d'une manifestante « Black Lives Matter »

HISTOIRE La sculpture représentant Edward Colston, un marchand d’esclaves de la fin du 17e siècle, a été déboulonnée début juin à Bristol

L.A. avec AFP

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Black Lives Matter : la statue d'un marchand d'esclaves remplacée par celle d'une manifestante — 20 Minutes

La statue d’un marchand d’esclaves remplacée par celle d’une manifestante «Black Lives Matter» : le symbole est fort. La sculpture représentant Edward Colston, un marchand d’esclaves de la fin du 17e siècle, a été déboulonnée début juin à Bristol (Royaume-Uni).

L’homme aurait vendu 100.000 esclaves d’Afrique de l’Ouest dans les Caraïbes et aux Amériques entre 1672 et 1689, avant d’utiliser sa fortune pour financer le développement de Bristol, ce qui lui a longtemps valu une réputation de philanthrope. Mais la sculpture a son effigie, qui faisait controverse depuis des années, a fini au fond du fleuve le 7 juin, lors de manifestations du mouvement «Black Lives Matter» ayant suivi le décès fin mai de George Floyd, un Américain noir tué par un policier.

Consultation démocratique

Pour combler le vide du socle de la statue, l’artiste londonien Marc Quinn a réalisé une sculpture à l’effigie de Jen Reid, intitulée « Une montée en puissance » (« A Surge of Power »). Cette manifestante avait été photographiée le poing levé sur le socle vide de l’ancienne statue d’Edward Colston. Les équipes de l’artiste ont installé la statue de la jeune femme noire sur ce même socle, sans que la mairie de Bristol soit au courant.

« La statue qui a été installée aujourd’hui est le fruit du travail d’un artiste londonien, qui n’a pas demandé ni obtenu l’autorisation », a déclaré dans un communiqué le maire de la ville Marvin Rees, qui a promis une grande consultation démocratique sur le sujet. « L’avenir du socle de la statue et de ce qui doit y être installé doit être décidé par les habitants de Bristol », a-t-il souligné.

Une action « sacrément culottée »

Présente lors de la pose de la statue qui la représente, Jen Reid a jugé l’action « tout simplement incroyable » et « sacrément culottée ». Cela va permettre de « poursuivre la conversation » sur le passé esclavagiste du Royaume-Uni, a-t-elle déclaré au quotidien The Guardian.

« Jen avait déjà créé la statue lorsqu’elle s’est tenue sur le socle et a levé son bras en l’air. Nous l’avons cristallisée », a indiqué Marc Quinn.

Les manifestations du mouvement « Black Lives Matter » s’étaient accompagnées d’une série de dégradations de statues de personnalités, contestées en raison de leur implication dans le commerce d’esclaves ou de déclarations racistes. Le sort de la statue d’Edward Colston, repêchée en juin, n’a toujours pas été fixé.