Transport aérien: Bras de fer entre la France et la Chine sur la fréquence des vols

TENSIONS Paris demande qu’Air France obtienne trois vols chaque semaine vers la Chine

20 Minutes avec AFP

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Un avion d'Air France (illustration).
Un avion d'Air France (illustration). — MASTAR/SIPA

La fréquence des liaisons aériennes entre la France et la Chine est au cœur d’un véritable bras de fer. Pékin a fustigé mardi la décision de Paris de limiter à un seul par semaine les vols chinois à destination de la France, au nom de la réciprocité vis-à-vis d’Air France.

La Chine a rouvert son ciel le 8 juin

Par crainte de l’arrivée de nouveaux malades du Covid-19, la Chine avait drastiquement réduit fin mars ses liaisons aériennes avec le reste du monde. Le pays autorise toutefois depuis le 8 juin plusieurs compagnies étrangères, dont Air France, à assurer une liaison hebdomadaire depuis et vers son territoire.

La Chine ayant trois grandes compagnies volant à l’international (Air China, China Eastern, China Southern), ces dernières pouvaient jusqu’ici effectuer chacune un vol Chine-France par semaine, soit trois au total. Mais ce nombre n’est pas au goût de Paris tant qu’Air France n’obtient pas les mêmes droits. La seule compagnie française se rendant en Chine doit selon la France avoir trois liaisons hebdomadaires.

Devant la lenteur supposée des démarches, la France a donc décidé de prendre une mesure de rétorsion : limiter à une liaison aérienne hebdomadaire la desserte du territoire français par des compagnies chinoises. « La décision unilatérale de la partie française de réduire les vols est dommageable pour les compagnies aériennes chinoises et les populations des deux pays », a déploré mardi l’ambassade de Chine en France.

Paris aurait tout fait capoter

Surtout, selon l’ambassade de Chine, la demande d’Air France était en passe d’être acceptée. Et la décision « unilatérale » de Paris aurait tout fait capoter. « Alors que les autorités de Shanghai [avaient] déjà autorisé le deuxième vol hebdomadaire d’Air France Paris-Shanghai et qu’il ne [restait] que les formalités qui sont en cours de finalisation au niveau du gouvernement central chinois, il est incompréhensible que la partie française décide d’imposer la réduction des vols des compagnies aériennes chinoises », affirme l’ambassade.

Ce dossier aura-t-il des répercussions sur les relations bilatérales ? La Chine semble prête à l’affrontement économique. L’ambassade sur ce point est en effet plus ambiguë. « Bien que la question des vols ne concerne qu’un secteur déterminé, elle pourrait nuire à l’atmosphère amicale entre les deux pays si elle n’est pas résolue adéquatement ». Paris est donc prévenu.