Mali: Le pouvoir lâche encore du lest en libérant les leaders de la contestation

CALMER LE JEU Selon un avocat des opposants, près de vingt personnes avaient été arrêtées, dont plusieurs leaders du mouvement dit du 5-Juin

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako le 10 juillet 2020.
Des manifestants contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako le 10 juillet 2020. — Baba Ahmed/AP/SIPA

Au Mali, les autorités cherchent à calmer le jeu. Elles ont relâché lundi les leaders de la contestation qui réclame un changement de pouvoir. Cependant, la tension est toujours grande à Bamako après les troubles sanglants qui ont agité la capitale en fin de semaine.

Des tirs nourris lundi

Des tirs nourris ont ainsi encore été entendus lundi dans le quartier de Badalabougou, fief de la grande figure de la contestation, l’imam Mahmoud Dicko, et principal foyer de tensions. Des accrochages épars ont opposé des hommes lançant des pierres et des forces de sécurité ripostant à coups de gaz lacrymogènes dans des rues encore jonchées de projectiles. Mais sans commune mesure avec les confrontations des jours précédents.

Durant le week-end, les troubles ont fait au moins 11 civils tués et des dizaines d’autres blessés, selon les urgences hospitalières. Le Premier ministre Boubou Cissé a diligenté une enquête « pour situer les responsabilités et évaluer l’étendue des dégâts », selon ses services. La situation demeure volatile et la communauté internationale, inquiète, a appelé à la retenue de toutes parts. Dans un communiqué l’Union africaine, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ONU et l’Union européenne au Mali ont également demandé la libération des leaders de la contestation afin de recréer les conditions d’un dialogue rompu.

Des libérations progressives

Cet appel aura donc été entendu. « Mes trois clients Choguel Maïga, Kaou Djim et l’imam (Oumarou) Diarra viennent d’être libérés. D’autres ont été libérés hier soir déjà, de manière désordonnée », a annoncé lundi l’un des avocats des opposants, Me Alifa Habib Koné. L’avocat chiffrait dimanche à une vingtaine le nombre d’opposants arrêtés, dont plusieurs leaders du mouvement dit du 5-Juin, collectif hétérogène qui s’est agrégé contre le pouvoir. Reste maintenant à voir si cela suffira à faire retomber la fièvre.