Des tirs d'artillerie entre Arménie et Azerbaïdjan font quatre morts

AFFRONTEMENTS Deuxième jour de violence entre les deux pays voisins

20 Minutes avec AFP

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Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan
Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan — AFP

Trois soldats azerbaïdjanais ont été tués dimanche et un quatrième lundi dans la région de Tavouch, à la frontière entre Arménie et Azerbaïdjan. Une région au cœur d’un conflit de trente ans entre les deux ex-républiques soviétiques, qui dégénère en lutte armée depuis deux jours.

Cette récente escalade des tensions intervient peu après des propos du président azerbaïdjanais, qui avait menacé de quitter les pourparlers de paix sur le Karabakh, enclave à majorité arménienne mais dépendante à l’époque soviétique de l’Azerbaïdjan. Il avait jugé que son pays avait le droit de chercher « une solution militaire au conflit ».

Les deux pays se rejettent la faute

Ce lundi, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a revendiqué la destruction d’un avant-poste militaire arménien tandis que le ministère arménien des Affaires étrangères indiquait dans l’après-midi qu’il « contrôlait totalement » la situation.

Erevan et Bakou s’accusent mutuellement d’avoir déclenché ces hostilités. « Les autorités politiques et militaires arméniennes portent toute la responsabilité de ces provocations », a jugé le président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a lui déclaré que « les provocations (adverses) ne resteront pas sans réponse », et son ministre de la Défense David Tonoïan a prévenu que ses forces étaient prêtes à prendre des positions en territoire ennemi si nécessaire.

Toute la région est impliquée

L’apaisement viendra peut-être de l’intervention russe. La principale puissance de la région a jugé « inacceptable toute nouvelle escalade qui menacerait la sécurité régionale » dans le Caucase et appelé les belligérants « à la retenue ».

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, s’est entretenu lors de deux appels séparés avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais. Il a plaidé pour une désescalade militaire. Une réunion de l’Organisation du traité de sécurité collective, un bloc dirigé par la Russie et auquel l’Arménie appartient, a discuté lundi de ce regain de violences. La présidence azerbaïdjanaise a accusé dimanche Erevan de vouloir « entraîner (cette) alliance politico-militaire dans le conflit ».

Bakou peut de son côté compter sur le soutien d’un autre voisin. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a exprimé son soutien à l’Azerbaïdjan, pays allié et turcophone. « Ce que l’Arménie a fait est inacceptable », a-t-il dénoncé, assurant que « l’Azerbaïdjan n’était pas seul » avec la Turquie à ses côtés. Erevan a réagi en dénonçant l'« attitude provocatrice » d’Ankara, l’accusant de saper la « sécurité et la stabilité de la région ».

Une guerre ouverte entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie pourrait déstabiliser toute la région du Caucase, où la Russie et la Turquie notamment ont des intérêts géostratégiques concurrents.