Coronavirus : Après le fiasco de son dernier meeting, Trump reporte le prochain prévu samedi

ETATS-UNIS Plusieurs membres de son équipe avaient été infectés à Tulsa, et la région a enregistré une explosion des cas de Covid deux semaines plus tard

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump en meeting à Tulsa, dans l'Oklahoma, le 20 juin 2020.
Donald Trump en meeting à Tulsa, dans l'Oklahoma, le 20 juin 2020. — Evan Vucci/AP/SIPA

Une salle à deux tiers vide, plusieurs membres de son staff infectés, une explosion des cas de Covid deux semaines plus tard à Tulsa… Pour éviter de répéter un scénario qui a tourné au fiasco politico-sanitaire, Donald Trump a reporté son prochain meeting de campagne, qui était prévu samedi dans le New Jersey, et qui avait suscité l’inquiétude au niveau local, y compris chez ses soutiens.

La porte-parole du président a annoncé vendredi que le meeting prévu à Portsmouth dans le New Hampshire était reporté « d’une semaine ou deux », officiellement en raison de la menace posée par la tempête tropicale Fay. Même le gouverneur républicain de l’Etat avait dit qu’il ne serait pas venu, par précaution sanitaire, alors que les Etats-Unis ont enregistré un nouveau record de 65.000 nouveaux cas en 24h, jeudi.

Les cas multipliés par deux à Tulsa

De nombreux experts s’étaient alarmés contre un meeting en intérieur, dans l’Oklahoma, le 20 juin. Donald Trump avait assuré que tout irait bien, mais plusieurs membres de son équipe qui préparaient sa venue ont été testés positifs, et des dizaines de membres du Secret services ont dû être placés en quarantaine.

Surtout, cette semaine, les autorités sanitaires de Tulsa ont indiqué que les cas de Covid avaient doublé dans la région deux semaines après le meeting (de 1.100 cas sur les deux semaines précédent le meeting à 2.500 cas sur les deux suivantes). Le directeur du département de la santé de l’Oklahoma, Bruce Dart, a déclaré mercredi que le meeting « avait vraisemblablement joué un rôle » dans la dispersion du virus.

Trump en déplacement en Floride, où les hôpitaux sont en état de siège

Donald Trump est arrivé vendredi à Miami, en Floride, qui est l’un des gros foyers actuels de l’épidémie de Covid-19 et où les hôpitaux se remplissent de malades du coronavirus. Ses déplacements ne sont pas liés à la crise sanitaire : il visitera le commandement militaire pour l’Amérique du Sud, puis participera à un événement avec des opposants vénézuéliens dans une grande église et à une rencontre avec des « soutiens » à sa réélection.

Le président américain persiste à dire, faussement, que la flambée des cas est uniquement due à un meilleur dépistage. Depuis un mois, le nombre de tests réalisés quotidiennement a augmenté de 33 %, mais le nombre de cas détectés de 167 %, selon les données du Covid Tracking Project. Vendredi, la Floride a enregistré un nouveau record avec plus de 11.000 nouveaux cas quotidiens et près de 100 morts en 24 heures.

Les deux tiers des Américains désapprouvent désormais la gestion de la pandémie par Donald Trump, selon un sondage ABC publié vendredi, contre une moitié en avril. Et les sondages pour l’élection présidentielle du 3 novembre donnent un avantage de 9 points à Joe Biden.