Allemagne : Un espion égyptien présumé dans le service de presse de Merkel

TAUPE L'homme est soupçonné d'avoir travaillé pendant des années pour les services de renseignement égyptiens

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel est la chancelière allemande depuis quinze ans.
Angela Merkel est la chancelière allemande depuis quinze ans. — Michael Sohn/AP/SIPA

La police a allemande a indiqué jeudi avoir ouvert une enquête contre un espion égyptien présumé travaillant pour le service de presse de la chancelière Angela Merkel. L’homme est soupçonné « d’avoir travaillé pendant des années pour le compte d’un service de renseignement égyptien », a souligné le Renseignement intérieur allemand dans un rapport, précisant que l’enquête ouverte en décembre 2019 « se poursuit » aujourd’hui.

Il n’a pas donné d’informations sur son identité ou sur son sort au cours des derniers mois, parlant seulement de « mesures » prises par la police à son encontre. Selon le quotidien allemand Bild, l’homme est un employé de la fonction publique allemande « de grade intermédiaire », hiérarchiquement à un niveau plus élevé que les débutants mais ne faisant pas partie de la haute fonction publique.

Surveillance de journalistes égyptiens

L’espion présumé travaillait notamment au service des visites du centre de presse fédéral allemand, le Bundespresseamt, un service chargé notamment de la communication sur les activités de la chancellerie. Cette affaire est en conséquence très embarrassante pour Angela Merkel. L’espion présumé s’occupait notamment dans ce cadre d’accueillir les visiteurs. Selon Bild, il pourrait en particulier avoir par ce biais surveillé des journalistes égyptiens.

Selon le rapport du Renseignement intérieur allemand, tant le service d’espionnage extérieur égyptien (GIS) que son service de renseignement intérieur (NSS) sont actifs en Allemagne. Leur objectif est notamment de collecter des informations sur des opposants au régime égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi qui vivent dans le pays. Et en particulier des sympathisants de la confrérie des Frères musulmans, interdite depuis 2013 en Egypte.