Coronavirus : Vivement critiquée, l'OMS va lancer un processus d'évaluation de gestion de la crise

EPIDEMIE Un panel d’experts indépendants sera chargé d’évaluer la gestion de cette crise sanitaire

20 Minutes avec AFP

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Des experts indépendants seront chargés d'évaluer la gestion de l'épidémie par l'OMS.
Des experts indépendants seront chargés d'évaluer la gestion de l'épidémie par l'OMS. — AFP

Après les critiques, vient le temps de l’autocritique. L’Organisation mondiale de la santé, vivement contestée pour sa réponse à la pandémie de Covid-19, a annoncé jeudi la création d’un panel indépendant d’experts afin d’établir « une évaluation honnête » de la gestion de la crise et permettre de « prévenir de telles tragédies dans le futur ».

« Je suis fier d’annoncer que l’ancienne première ministre Helen Clark (Nouvelle-Zélande) et l’ancienne présidente Ellen Johnson Sirleaf (Liberia) ont accepté de coprésider le comité d’évaluation, que nous appelons le panel indépendant pour la préparation et la réponse aux pandémies », a annoncé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant les diplomates des Etats membres.

Une organisation trop « complaisante » ?

« Je ne peux imaginer deux personnalités plus indépendantes pour faire cette évaluation honnête et nous aider à comprendre ce qui s’est passé ainsi que ce que nous devrions faire pour éviter de telles tragédies dans le futur », a-t-il déclaré. Depuis le début de la crise sanitaire fin 2019, l’OMS a été vivement critiquée dans sa réponse, tardant notamment à recommander le port du masque.

Surtout, elle a été accusée par les Etats-Unis d’avoir été extrêmement complaisante avec la Chine, où est apparu le coronavirus, et d’avoir tardé à déclarer l’état d’urgence sanitaire mondiale. Les Etats-Unis, l’un des principaux contributeurs au budget de l’OMS, ont officiellement notifié mardi leur retrait de l'organisation.

« Les divisions entre nous donnent l’avantage au virus » et « nous ne pourrons pas vaincre la pandémie si nous sommes divisés », a estimé le docteur Tedros, dans une réponse voilée aux Etats-Unis. « La plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas le virus lui-même, mais le manque de leadership et de solidarité », a-t-il ajouté.