Algérie : Alger récupère les restes de 24 combattants, conservés par la France

COLONISATION Il s’agit de chefs de la Résistance populaire, tués il y a 170 ans

20 Minutes avec AFP

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Abdelmadjid Tebboune, le 21 février 2020.
Abdelmadjid Tebboune, le 21 février 2020. — RYAD KRAMDI / AFP

Conservés à Paris, ils n’avaient jamais pu être enterrés sur leur terre natale. Vingt-quatre corps de combattants algériens tués au XIXe siècle lors de la colonisation française doivent arriver ce jeudi en Algérie, a annoncé ce jeudi le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une cérémonie militaire.

« D’ici quelques heures, des avions militaires algériens en provenance de France vont se poser à l’aéroport international Houari Boumediène avec les dépouilles de 24 chefs de la Résistance populaire et de leurs compagnons », a indiqué le président algérien, au cours d’une cérémonie de remise de grades et de médailles à des officiers de l’Armée nationale populaire (ANP).

Des restes conservés au Musée de l’Homme

Il s’agit « des dépouilles de 24 chefs de la Résistance populaire qui ont été privés de leur droit naturel et humain d’être enterrés depuis plus de 170 ans », a ajouté Abdelmadjid Tebboune. Parmi ces combattants, figure notamment cheikh Bouziane, le chef de la révolte de Zaâtcha (est de l’Algérie) en 1849. Capturé par les Français, il avait été fusillé puis décapité.

Sont également cités les noms de Bou Amar Ben Kedida et Si Mokhtar Ben Kouider Al Titraoui, tous considérés comme des martyrs des premiers temps de la résistance à la colonisation française. Réclamés depuis des années par Alger, ces restes mortuaires – des crânes, plusieurs dizaines au total – étaient conservés dans les collections du Muséum national d’histoire naturelle. Lors d’une visite à Alger le 6 décembre 2017, le président français Emmanuel Macron s’était engagé à restituer les restes humains algériens stockés au Musée de l’Homme, l’un des sites du Muséum.