Hong Kong: Les arrestations en vertu de la loi sur la sécurité ont commencé

REPRESSIONS Quelque 370 personnes ont été arrêtées mercredi moins de 24 heures après la promulgation du texte

20 Minutes avec AFP

— 

Des policiers arrêtent un manifestant à Hong Kong, le 1er juillet 2020.
Des policiers arrêtent un manifestant à Hong Kong, le 1er juillet 2020. — SOPA Images / SIPA/SIPA

Pékin n’aura donc pas tardé à se montrer ferme. Moins de 24 heures après l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong, la police a procédé aux premières arrestations en vertu de ce texte. Promulguée mardi par le président chinois Xi Jinping, cette législation fait craindre à l’opposition hongkongaise un recul des libertés inédit depuis la rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni de ce territoire en 1997.

23e anniversaire de la rétrocession

Parmi les quelque 370 personnes arrêtées mercredi par les forces de l’ordre, dix l’ont été pour violation présumée de la loi sur la sécurité nationale, tandis que des milliers de Hongkongais se sont rassemblés pour marquer le 23e anniversaire de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine. Ce rassemblement avait été interdit il y a quelques jours par les autorités, pour la première fois en 17 ans.

La police a fait usage de canons à eau, de gaz poivré et lacrymogène pour les disperser. Beaucoup d’entre eux scandaient des slogans en faveur de l’indépendance. « Ce que ce régime autoritaire veut faire, c’est terroriser le peuple et l’empêcher de sortir », a affirmé Chris To, un manifestant de 49 ans. Selon la police, sept policiers ont été blessés, dont un poignardé à l’épaule au moment où il tentait de procéder à une arrestation.

Carrie Lam se félicite de la loi

Mercredi matin, au cours de la traditionnelle cérémonie du lever du drapeau qui marque l’anniversaire de la rétrocession, la cheffe de l’exécutif hongkongais fidèle à Pékin, Carrie Lam, a salué cette loi qui constitue selon elle « l’événement le plus important dans les relations entre le gouvernement central et Hong Kong depuis la rétrocession ». Elle permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l’Etat : subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures. Dans certains cas, la loi prévoit que la justice chinoise soit compétente et inflige des peines allant de 10 ans d’emprisonnement jusqu’à la prison à vie pour les auteurs des crimes les plus graves.

De nombreux pays occidentaux, parmi lesquels 27 membres du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, ont condamné ce texte, redoutant qu’il n’entraîne la répression de toute opposition politique. Les Etats-Unis ont menacé la Chine de représailles, promettant de ne pas « rester les bras croisés ».

La Chambre des représentants américaine a approuvé dès mercredi à l’unanimité un texte qui prévoit des sanctions automatiques contre les responsables chinois qui violent les obligations internationales de la Chine en faveur de l’autonomie de Hong Kong. Ce texte étant légèrement différent de celui qui avait déjà été approuvé par le Sénat le 25 juin, là aussi à l’unanimité, il sera soumis jeudi à un nouveau vote à la chambre haute.