Coronavirus : Un manque à gagner de 3.300 milliards de dollars, la facture salée de la pandémie pour le tourisme

ECONOMIE Le secteur du tourisme, qui emploie 300 millions de personnes à travers le monde, est l’un des plus touchés par la crise

20 Minutes avec AFP

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Des touristes au pied de la Tour Eiffel après plusieurs semaines de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus.
Des touristes au pied de la Tour Eiffel après plusieurs semaines de fermeture à cause de la pandémie de coronavirus. — Thomas SAMSON / AFP

Durant plus de deux mois, les grands monuments français n’ont pas vu l’ombre d’un touriste. Une désertion imposée par la pandémie du coronavirus qui continue à avoir des conséquences importantes pour ce secteur économique à travers le monde entier.

Selon une estimation de l’ONU rendue publique ce mercredi, au cours des prochains mois, les restrictions liées au Covid-19 pourraient se traduire par un manque à gagner pouvant aller jusqu’à 3.300 milliards de dollars pour le tourisme et les secteurs liés.

C’est le pire scénario envisagé, avec une interruption d’un an du tourisme international. Une version intermédiaire suppose évalue le manque à gagner à 2.200 milliards de dollars si cette durée est de huit mois, soit 2,8 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Si elle est de quatre mois, il serait de 1.200 milliards de dollars, soit 1,5 % du PIB mondial

L’étude de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) se base sur une récente évaluation de l’Organisation mondiale du tourisme selon laquelle la chute de la demande de voyages internationaux pourrait se traduire par une baisse de 850 millions à 1,1 milliard de touristes internationaux.

Le secteur, qui employait près de 300 millions de personnes dans le monde en 2019, est l’un des plus touchés par la crise.

Jamaïque, Thaïlande…

« Ces chiffres nous rappellent clairement une chose que nous semblons souvent oublier : l’importance économique du secteur et son rôle de bouée de sauvetage pour des millions de personnes dans le monde entier », a souligné la directrice de la division du commerce international de la Cnuced, Pamela Coke-Hamilton.

« Pour de nombreux pays, comme les petits Etats insulaires en développement, un effondrement du tourisme signifie un effondrement de leurs perspectives de développement. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons nous permettre », a-t-elle ajouté.

Selon cette étude, le pays le plus touché, au regard du poids du secteur dans l’économie nationale, sera la Jamaïque, puis la Thaïlande, la Croatie et le Portugal. Mais en termes absolus, ce sont toutefois les Etats-Unis et la Chine qui vont enregistrer les manques à gagner les plus élevés, suivi de la Thaïlande, la France, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie.