Hong Kong : La nouvelle loi est « un glaive au-dessus de la tête » des hors-la-loi, prévient Pékin

MANIFESTATIONS Le texte de loi, promulgué ce mardi, a été préparé en quelques semaines par la Chine

20 Minutes avec AFP

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Une femme passe devant un écran diffusant un discours du président chinois Xi Jinping, le 30 juin 2020 à Pékin.
Une femme passe devant un écran diffusant un discours du président chinois Xi Jinping, le 30 juin 2020 à Pékin. — Mark Schiefelbein/AP/SIPA

La Chine a adopté au pas de charge sa loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, condamnée par plusieurs pays. Cette loi, promulguée ce mardi par le président chinois Xi Jinping lui-même, est « un glaive » suspendu au-dessus de la tête de ceux qui menacent la sécurité nationale, a averti le régime communiste.

« Pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête », a déclaré dans un communiqué le Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, quelques heures après l’adoption du texte. Cette loi controversée entrera en vigueur dès mardi en fin de journée, a annoncé la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam.

Une loi imposée en quelques semaines

Elle est largement perçue comme une réaction aux manifestations monstres qui ont secoué la métropole financière l’an dernier. Pékin y voit le moyen de rétablir la stabilité et la prospérité de Hong Kong. « Pour la grande majorité des habitants de Hong Kong (…) la loi est un ange gardien qui défend leurs libertés », selon le même communiqué.

Le texte prévoit de punir les activités séparatistes, « terroristes », la subversion, ou encore les ingérences étrangères dans le territoire autonome chinois. Ignorant les appels des pays occidentaux, le parlement national a voté ce texte historique qui intervient un an après le début des manifestations monstres dans l’ex-colonie britannique contre l’influence du gouvernement central. Echaudé par ces événements, Pékin aura imposé en quelques semaines seulement cette loi qui contourne le conseil législatif local et fait craindre à l’opposition hongkongaise un recul inédit des libertés depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Le texte définitif inconnu

Pour l’opposition hongkongaise et pour plusieurs pays occidentaux, cette loi constitue une attaque contre l’autonomie et les libertés du territoire. « Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait », a réagi sur Twitter Joshua Wong, l’une des figures du mouvement pro-démocratie. « La ville se transformera en un état de police secrète. » Le parti Demosisto, qu’il a fondé avec d’autres militants en 2014, a annoncé dans la foulée sa dissolution. Cette formation appelait notamment à l’auto-détermination du territoire – une position qui pouvait potentiellement tomber sous le coup du nouveau texte.

L’Union européenne (UE) a « déploré » l’adoption du texte. « Cette loi risque de porter gravement atteinte au degré élevé d’autonomie de Hong Kong et d’avoir un effet préjudiciable sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et de l’Etat de droit », a estimé le président du Conseil européen, Charles Michel. Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient également appelé en juin à revenir sur ce projet. Anticipant le vote, Washington avait annoncé lundi la fin des ventes d’équipement de défense sensible à Hong Kong pour éviter « qu’il ne tombe aux mains » de l’armée chinoise. Pékin a promis mardi des « représailles ».

Difficile pour l’heure de connaître les réelles conséquences du texte voté mardi : son contenu définitif n’a pas encore été publié. « Le fait que les habitants de Hong Kong ne sauront qu’après coup ce que contient réellement cette nouvelle loi est véritablement absurde », a dénoncé Claudia Mo, une parlementaire locale d’opposition.