Californie : Le « Golden State killer » reconnaît 13 meurtres et des dizaines de viols

TUEUR EN SERIE Joseph James DeAngelo, qui avait terrorisé la Californie il y a quarante ans, a plaidé coupable ce lundi, et pourra ainsi éviter la peine de mort

Philippe Berry

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Le «Golden State killer» Joseph James DeAngelo a plaidé coupable de 13 meurtres, le 29 juin 2020, au tribunal de Sacramento.
Le «Golden State killer» Joseph James DeAngelo a plaidé coupable de 13 meurtres, le 29 juin 2020, au tribunal de Sacramento. — Rich Pedroncelli/AP/SIPA

D’une voix faible, le visage émacié couvert par un masque en plexiglas, il a répondu : « guilty ». Lundi, Joseph James DeAngelo a plaidé coupable des 13 meurtres pour lesquels il avait été inculpé en 2018 en Californie. Celui qui a été surnommé le « Golden State killer » a également reconnu être l’auteur de 60 viols commis dans les années 1970-1980, qui ne faisaient pas partie des charges. Via un accord négocié avec le procureur, DeAngelo, âgé de 74 ans, va éviter la peine de mort mais devrait être condamné à la perpétuité.

Pendant quatorze ans, le « Golden State killer » a terrorisé la Californie, du nord au sud. Il a d’abord sévi à Sacramento, en 1974, puis dans la région de San Francisco et à Orange County, au sud de Los Angeles. Il a commencé par cibler des femmes seules, chez elles, puis s’est attaqué à des couples, comme Lyman et Charlene Smith, dont le crâne a été fracassé à coups de bûches de cheminée, en 1980.

Confondu grâce à son ADN et à un site de généalogie

Comme le Zodiac killer, DeAngelo joue au chat et à la souris avec les autorités, les narguant via des messages téléphoniques. Et s’il réussit à leur échapper, c’est sans doute car il a, lui-même, été policier dans les années 1970.

Et puis d’un seul coup, plus rien. Après un dernier meurtre, en 1986, DeAngelo se transforme en père de famille modèle, et il élève ses trois filles dans un quartier résidentiel de Sacramento. Les pistes s’assèchent et l’affaire devient un « cold case ». Jusqu’à 2016.

Le FBI utilise alors des traces ADN prélevées sur plusieurs meurtres et crée un profil sur le site de généalogie GEDmatch, qui permet de retrouver des membres de sa famille grâce à la génétique. Les autorités identifient plusieurs cousins éloignés, et remontent jusqu’à Joseph DeAngelo. Elles surveillent ensuite son domicile et interceptent ses poubelles pour comparer son ADN à celui du tueur. Les échantillons « matchent ». Alors qu’il sort de chez lui, un après-midi d’avril 2018, les policiers l’interpellent. Selon le shérif, DeAngelo est « surpris ». Et les familles des victimes, enfin soulagées.