Algérie : Un journaliste de 34 ans condamné à trois ans de prison ferme pour usurpation de fonction et chantage

LIBERTE DE LA PRESSE Belkacem Djir avait été placé en détention le 15 juillet 2019

20 Minutes avec agences

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Des manifestants algériens participent à une manifestation anti-gouvernementale dans la capitale Alger, le 27 décembre 2019.
Des manifestants algériens participent à une manifestation anti-gouvernementale dans la capitale Alger, le 27 décembre 2019. — Fateh Guidoum/PPAgency/SIPA

Un journaliste algérien, Belkacem Djir, a été condamné dimanche par un tribunal d'Alger à trois ans de prison ferme dans une affaire de droit commun, selon une association de soutien aux détenus. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a relayé l’information sur sa page Facebook.

« Au mauvais endroit avec la mauvaise personne »

Belkacem Djir était accusé d’usurpation de fonction et de chantage. En revanche, la chambre d’accusation de la cour d’Alger avait prononcé le 22 avril un non-lieu pour l’accusation d'« atteinte au moral de l’armée ». Aucune information n’était disponible sur les faits qui lui sont reprochés, la plupart des avocats ayant refusé d’évoquer son cas publiquement, reconnaissant en privé que « son dossier est sensible ».

Journaliste de la chaîne TV d’information privée Echourouk News, où il réalise et présente des émissions politiques, Belkacem Djir, 34 ans, a été placé en détention le 15 juillet 2019.

Avant son procès, son avocate, Me Faiza Guettache, avait affirmé qu’il était « victime des zones d’ombre qui entourent le travail d’investigation des journalistes ». Il se trouvait, selon elle, « au mauvais endroit avec la mauvaise personne » au moment des faits.

« Une dégradation flagrante de la liberté de la presse en Algérie »

Selon l’ONG Reporters sans Frontières (RSF), « la multiplication des poursuites contre les journalistes algériens est extrêmement inquiétante et fait état d’une dégradation flagrante de la liberté de la presse en Algérie ».

Plusieurs journalistes algériens sont actuellement derrière les barreaux, dont Khaled Drareni, fondateur du site d’information en ligne Casbah Tribune et correspondant de la chaîne de télévision francophone TV5 Monde, et Abdelkrim Zeghileche, directeur d’une radio diffusée sur Internet, Radio-Sarbacane.

Comme d’autres, ils sont poursuivis devant la justice pour des motifs en lien avec le « Hirak », le mouvement populaire de protestation antirégime né en février 2019.