Plan de relance de l’UE : « C’est moi qui tiens les comptes » de l’Italie, Conte répond sèchement à Merkel

CORONAVIRUS Dans un entretien accordé au « Monde » publié le 26 juin, Anglela Merkel appelle les Etats membres de l’UE à s’unir pour aider notamment les pays les plus touchés par la pandémie de coronavirus

20 Minutes avec AFP

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Giuseppe Conte lors d'une conférence de presse à Rome.
Giuseppe Conte lors d'une conférence de presse à Rome. — Insidefoto/Sipa USA/SIPA

« C’est moi qui tiens les comptes. » Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a sèchement répondu à la chancelière allemande Angela Merkel qui a incité ce samedi les pays européens à utiliser tous les instruments de relance de l’UE, dont le Mécanisme de stabilité (MES).

« Rien n’a changé en ce qui concerne les opinions d’Angela Merkel, mais c’est moi, avec Roberto Gualtieri, le ministre de l’Economie, et les comptables de l’Etat, qui tiens les comptes » de l’Italie, a déclaré Giuseppe Conte. « Nous préparons un plan de relance pour l’Italie que nous présenterons en septembre », a ajouté le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse, qui était consacrée à la rentrée scolaire en Italie.

Une sortie médiatique qui passe mal

Giuseppe Conte réagissait aux propos tenus par Angela Merkel dans un entretien publié ce samedi par plusieurs quotidiens européens : La Stampa (Italie), Le Monde (France), Polityka (Pologne), La Vanguardia (Espagne) et Süddeutsche Zeitung (Allemagne).

A la question de savoir si l’Italie devrait recourir au Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours européen mis en place pendant la crise de l’euro, Angela Merkel a répondu : « C’est à l’Italie qu’il revient d’en décider. Nous avons créé les instruments, avec la Banque européenne d’investissement, les lignes de crédit de précaution du MES ou le dispositif de chômage partiel SURE ». « Tous peuvent recourir à ces instruments. Nous ne les avons pas créés pour qu’ils restent inutilisés », a ajouté la chancelière.

Le Mécanisme de stabilité européen divise l’Italie

Le débat politique est vif en Italie au sujet d’un éventuel recours à la ligne de crédit du MES. Le dispositif divise notamment la majorité au pouvoir, le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) – dont Giuseppe Conte est proche – y étant opposé tandis que son partenaire dans la coalition, le Parti démocrate (gauche), y est lui favorable.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), organisme créé en 2012 lors de la crise de la dette, va octroyer des lignes de crédit aux pays les plus touchés par la crise du coronavirus​. Les prêts pourront atteindre jusqu’à 2 % du PIB du pays concerné.