Turquie : Prison à vie pour 121 suspects en lien avec le coup d’Etat manqué de 2016

PUTSCH Quelque 55.000 personnes avaient été arrêtées après le coup d’Etat manqué le 15 juillet 2016

20 Minutes avec AFP

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Le soir de a tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016. (archives)
Le soir de a tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016. (archives) — ADEM ALTAN / AFP

Un tribunal turc a condamné vendredi à la prison à vie un total de 121 personnes à l’issue d’un procès en lien avec le putsch manqué de 2016, qui a été suivi de purges d’une ampleur sans précédent, ont rapporté les médias. Parmi les 121 condamnés, 86 ont écopé de peines de prison à vie « aggravées » à l’issue de leur procès, connu en Turquie comme « le procès du Commandement général de la Gendarmerie », a indiqué l’agence étatique Anadolu.

Les condamnés ont été reconnus coupables de « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel ». Au total 245 personnes étaient jugées dans le cadre de ce procès. La peine de prison à vie « aggravée », qui comporte des conditions de détention plus strictes, a remplacé dans l’arsenal juridique turc la peine de mort abolie en 2004.

Grandes purges

Après une interruption en raison du coronavirus, les audiences des tribunaux ont repris en juin en Turquie, notamment le principal procès du putsch manqué axé sur les événements qui s’étaient déroulés le 15 juillet 2016 au soir dans la base aérienne d’Akinci à Ankara, considérée comme le QG des meneurs du putsch. La tentative de coup d’Etat contre le président Recep Tayyip Erdogan a fait près de 250 morts, sans compter les putschistes, et des milliers de blessés.

Ankara impute cette tentative de renverser le président Erdogan à son ancien allié, le prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’années. L’intéressé, dont Ankara n’a de cesse de demander l’extradition, dément tout rôle dans le putsch manqué. Les procédures judiciaires lancées après ce coup de force avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 55.000 personnes ont été arrêtées lors des purges engagées après le 15 juillet.