Iran : Une mystérieuse explosion illumine le ciel de Téhéran, les autorités évoquent du « gaz industriel »

MOYENT-ORIENT La proximité avec le site militaire de Parchin, associé à de possibles activités nucléaires au début des années 2000, alimente les suspicions

P.B. avec AFP

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Une explosion vue dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 25 au 26 juin 2020.
Une explosion vue dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 25 au 26 juin 2020. — Twitter/@MirMirmalek

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Une explosion a illuminé le ciel de Téhéran dans la nuit de jeudi à vendredi, a confirmé l’agence de presse iranienne Fars. Après deux heures de grande confusion, un porte-parole du ministère de la Défense a indiqué qu’il s’agissait de « l’explosion d’un réservoir de gaz industriel », rapporte Al Jazeera. Mais des observateurs notent également une proximité avec le site militaire de Parchin.

« Dans les heures qui ont suivi minuit vendredi, nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux ont rapporté avoir vu une lumière orange dans la partie Est de Téhéran », a indiqué Fars, agence proche des ultraconservateurs. « Sur les vidéos envoyées par les lecteurs, cette lumière est visible quelques secondes », a expliqué l’agence. L’agence a cité une « source bien informée » selon laquelle le site de l’incident n’appartenait pas à l’armée. « Devant l’entrée de la zone militaire de Parchin, il n’y a pas de mouvement ni d’allées et venues de véhicules de pompiers ou de secours », a noté Fars. Une autre agence de presse, Mehr, a rapporté qu’un « son terrible » avait été entendu.

Près d’un site militaire controversé

Dans un premier temps, une source de la chaîne Al Arabiya avait évoqué une explosion potentiellement située au niveau du site militaire de Parchin.

Parchin (ou Partchine, selon une autre écriture) est un site particulièrement sensible sur lequel plusieurs explosions se sont produites en 2007 et 2014. Après un long bras de fer, l’Agence internationale de l’énergie atomique avait pu l’inspecter en 2015 et avait conclu que « des activités pour le développement d’un dispositif nucléaire » y avaient été menées avant 2003. En 2017, les Etats-Unis avaient réclamé que les inspecteurs puissent s’y rendre à nouveau dans le cadre de l’accord sur le nucléaire, ce Téhéran avait refusé.