Coronavirus : La situation s’aggrave aux Etats-Unis, l’UE envisage d’interdire l’entrée aux voyageurs américains

PANDEMIE Alors que l'Union européenne s'apprête à progressivement rouvrir ses frontières à partir du 1er juillet à certains pays, les Etats-Unis pourraient ne pas en faire partie

P.B. avec AFP

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Contrôle de température à l'arrivée d'un vol à Roissy, le 12 juin 2020, pour détecter les cas possibles de coronavirus.
Contrôle de température à l'arrivée d'un vol à Roissy, le 12 juin 2020, pour détecter les cas possibles de coronavirus. — ISA HARSIN/SIPA

La situation s’inverse. Alors que l’UE s’apprête à rouvrir ses frontières extérieures, le 1er juillet, à une liste de pays ayant maîtrisé la pandémie de coronavirus, une nation majeure n’en ferait pas partie, selon le New York Times : les Etats-Unis. La liste, qui n’est pas encore finalisée et pourrait encore évoluer, devrait être publiée d’ici la fin de la semaine. En mars dernier, Donald Trump avait suspendu tous les voyages en provenance d’Europe. Mais alors que la pandémie reflue sur le Vieux continent, malgré l’apparition de plusieurs nouveaux foyers, elle empire aux Etats-Unis, notamment dans les Etats du sud comme l’Arizona, où Donald Trump était en meeting électoral, mardi.

Le quotidien américain cite deux listes de pays dont les ressortissants seraient autorisés à se rendre en Europe, et qui font l’objet de négociations au sein de l’UE. Les Américains sont pour l’instant exclus des deux listes, tout comme le Brésil.

Le Dr Fauci « très inquiet »

Aux Etats-Unis, l’immunologiste en chef de la Maison Blanche, Anthony Fauci, s’est dit « très inquiet » de la hausse du nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19. Ce chiffre était tombé à 20.000 par jour fin mai, mais il a augmenté de 50 % pour repasser à plus de 30.000 cette semaine. Si un plus grand accès aux tests explique en partie cette tendance, le déconfinement semble, selon lui, jouer un rôle dans la « hausse des transmissions ».

La situation est particulièrement inquiétante en Arizona, au Texas et en Floride, où le nombre de nouveaux cas a été multiplié par trois en moins d’un mois, et le pourcentage de tests positifs et les hospitalisations par deux.

Selon Erik Toner, du centre pour la sécurité sanitaire de l’hôpital John Hopkins, les rassemblements du long week-end de Memorial Day, fin mai, sont à l’origine de nombreux nouveaux clusters. Alors que la fête nationale du 4 juillet approche, avec ses feux d’artifice et ses barbecues familiaux, la situation pourrait empirer. En Arizona, les lits en soins intensifs sont déjà occupés à 84 %. Au Texas, face à l’afflux des patients covid, l’hôpital pour enfants de Houston accueille désormais des adultes. Sous pression, le gouverneur a interdit, mardi, les rassemblements de plus de 100 personnes.

Confusion sur une baisse à venir des dépistages

En meeting électoral en Arizona face à plusieurs milliers d’étudiants dans une salle fermée, mardi, Donald Trump l’a répété : « Plus on fait de tests, plus on a de cas. » Ce week-end, il avait assuré devant ses supporters qu’il avait demandé à ses responsables sanitaires de ralentir le rythme du dépistage, ce qu’a démenti Anthony Fauci mardi.

La Maison Blanche a, de son côté, indiqué qu’il plaisantait, mais le milliardaire républicain a été clair mardi matin, répondant : « Je ne plaisante pas. » Dans la foulée, plusieurs médias américains ont affirmé que le gouvernement fédéral allait couper les fonds à 13 centres de dépistage à la fin du mois, dont la moitié au Texas. La guerre des chiffres va continuer.