Son copain diffuse une vidéo de leurs ébats, elle gagne au tribunal

SEX TAPE Une Australienne va recevoir 40.000 dollars de dommages et intérêts pour «abus de confiance»...

M.Gr.

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Des cassettes VHS.
Des cassettes VHS. — Flickr/CC/Orin Optiglot

Les sex-tapes ont-elles enfin leur jurisprudence? C’est une histoire rocambolesque qui vient de se terminer ce mercredi devant la cour d’appel de l’Etat de Victoria, dans le sud de l’Australie.

Alla Giller 47 ans, va recevoir 135.000 dollars australiens (environ 70.000 euros) de dommages et intérêts de la part de son ancien petit copain, Boris Procopets, 63 ans. Dont 40.000 dollars pour «abus de confiance» après que Boris a tenté de diffuser auprès de leurs proches une cassette vidéo contenant dix de leurs relations sexuelles, la plupart filmées secrètement. Cette décision unique crée la polémique en Australie, certains médias redoutant des condamnations plus fermes sur les atteintes à la vie privée.

La vengeance du petit ami largué

Revenons aux faits. Boris et Alla, qui se sont connus en 1990 avant d’avoir des jumeaux quelques mois plus tard, ont toujours eu des relations houleuses. La police était une habituée de leurs altercations assez violentes, suivies de réconciliations tout aussi passionnées. En 1993, Alla a décidé de quitter la maison, tout en continuant d’avoir des rapports avec Boris. En 1996, elle le quitte définitivement. La vengeance de Boris, sans doute brisé par cette rupture, sera terrible.

Avec sa fameuse cassette, Boris se précipite chez des amis du couple pour leur montrer Alla dans des postures torrides. Il va jusqu’à amener la VHS chez une vieille dame, la mère d’une amie d’Alla. Elle n’a pas de magnétoscope? Et bien il va en chercher un et revient chez la vieille dame. Qui va regarder le film quelques instants avant de comprendre son synopsis et de congédier le malotru.

Boris ira plus loin encore. Le cinéaste amateur va tenter de montrer la vidéo au père de sa petite amie, puis au frère de celle-ci, âgé de 17 ans. Il a également appelé l’employeur d’Alla pour lui démontrer que l’employée du mois est une vilaine fille. Il accuse son ex d’être sale, immorale, une vraie prostituée. Selon Alla, Boris aurait même montré des photos d’elle, nue, à ses jumeaux.

«La diffusion de cette vidéo est évidemment humiliante et blessante»

En première instance, le juge Bill Gillard statue sur le harcèlement de Boris, mais estime les poursuites pour «abus de confiance» infondées. Selon lui, aussi chagrinée soit-elle, Alla la dévoilée n’avait pas souffert de vraies blessures psychologiques. Et elle était consentante pour une partie des scènes de la cassette.

En appel, la juge Marcia Neave va le désavouer, estimant que «la diffusion de cette vidéo est évidemment humiliante et blessante. Même si ses proches connaissaient la nature de ses relations avec M. Procopets, rendre publics leurs ébats est particulièrement dégradant pour Mme Giller.»

Catherine Zeta-Jones et Naomi Campbell

Pour appuyer cette grave atteinte à la vie privée en appel, la juge a notamment cité les cas britanniques du couple Michael Douglas/Catherine Zeta-Jones qui ont gagné des dommages et intérêts après la publication des photos de leur mariage, et de Naomi Campbell, qui a eu gain de cause contre un magazine la montrant en train de sortir d’une réunion de consommateurs de drogue anonymes...

Cette condamnation, une première en Australie, aura-t-elle des conséquences pour tous ceux/toutes celles qui dévoilent des vidéos de leurs ébats avec leurs ex sur des sites de partage en ligne? Paris Hilton pourra-t-elle attaquer son ancien et peu discret petit copain en justice? Le caméscope sera-t-il désormais banni des chambres à coucher? La question est posée.

Boris Procopets a ouvert la boîte de pandore juridique des ex largués, voyeurs et jaloux.